Arnaud Démare sans tabou – Entretien parodique

Le champion de France Arnaud Démare observe, comme l’ensemble de la caravane du Tour d’Italie, sa première journée de repos. L’occasion pour Mon Peloton de revenir sur sa première semaine et sur la suite des événements. Un échange captivant.

Arnaud, comment expliquez-vous vos performances sur cette première semaine du Tour d’Italie ?

Je suis satisfait, mais j’en veux plus. Le chrono le premier jour en Sicile m’a beaucoup déçu. Je comptais briller face aux meilleurs rouleurs… ça a été un échec. J’ai su me re-mobiliser ensuite. Il le fallait. Mes deux victoires d’étapes sont un moindre mal…

Deux victoires ? Vous êtes à trois victoires, à Villafranca Tirrena, à Matera et à Brindisi…

Ah bon ? Pardon… j’ai du en oublier une. Bon bah voilà, c’est plutôt bien. Je dois avouer que j’ai une équipe de fou… tout se passe bien. On s’entend tous très bien. Ce n’était pas gagné. Certains coureurs sont arrivés très tardivement dans l’équipe, les automatismes n’étaient pas assurés.

C’est vrai que vos coéquipiers font un travail énorme tous les jours pour vous depuis le début de l’épreuve… 

Oui c’est sûr. Les Frankiny, Scotson, Sinkeldam, Guarnieri… c’est du très solide. Sans eux, mes performances ne seraient pas ce qu’elles sont en ce moment. Je suis impressionné par leur niveau. C’est dingue ce qu’on vit en ce moment.

Pourquoi aviez-vous peur des automatismes avec vos coéquipiers ? 

Comme je vous le précisais, on n’a pas eu beaucoup de temps pour s’entrainer avec certains… Les recrutements en plein moins d’Octobre, ce n’est pas forcément l’idéal. Mais il faut avouer que la Groupama-FDJ a fait fort. On nous de composer avec…

On ne vous suit pas Arnaud. De quel recrutement de la Groupama-FDJ au mois d’Octobre parlez-vous ?

Vous ne suivez pas la course ? Le recrutement de Peter Sagan est une très bonne chose pour nous. Le fonctionnement est un peu particulier, on ne partage pas le même hôtel, il n’est jamais là au briefing de course avec nous… mais sur chaque fin d’étape… il m’emmène dans sa roue et m’offre des opportunités pour gagner. C’est fort. On reconnait là un triple champion du monde… Un jour je devrais peut être lui rendre la pareille. Mais pour le moment, il ne réclame rien. 

Arnaud, Peter Sagan ne fait pas partie de votre équipe. C’est votre adversaire lors des emballages finaux… 

Et c’est ça qui est fort. Il est discret. Il ne fait pas de vague… et même vous, vous vous faites piéger. On ne peut plus cacher notre jeu désormais. Sacré Peter…

Crédit : LUCA ZENNARO/EPA/MAXPPP

Hum hum… bien. Continuons. Comment voyez-vous la suite de la course pour vous ? Votre équipe va-t-elle continuer à travailler pour vous ?

Je pense que oui. L’idée est de jouer les premiers rôles tout au long des trois semaines. Certaines étapes me plaisent. Je ne connais pas le parcours, pour être franc. Mais Sébastien Joly, notre directeur sportif, m’a dit que certaines étapes me plairont. Je lui fais 100% confiance. Il me déçois rarement.

Vous ne connaissez pas la suite du tracé de ce Giro ?

Non. C’est ma manière de travailler. Je suis meilleur comme ça. Si on me dit demain, c’est pour toi, j’y vais. Sinon, je reste au chaud avec mes coéquipiers au coeur du peloton. J’y vais à tâtons. J’aime ça. Un minimum de travail pour un maximum d’efficacité.

N’est-ce pas un fonctionnement un peu trivial, un peu simpliste ? On vous pensait plus professionnel dans votre approche.

Je ne fais pas partie de ceux-là. Je vais vous dire… le dilemme pour moi se situera en troisième semaine. Il y a un chrono le dernier jour. Mais la veille, l’arrivée à Sestrière me plait beaucoup. Je vais tenter de m’économiser durant les étapes de plat pour performer sur cette fin de Giro.

Excusez-nous, mais c’est assez surprenant votre raisonnement. Vous voulez vous attaquer à la haute montagne ?

Oui, j’aimerais. Je ne pense pas avoir les capacités pour jouer avec les meilleurs. Mais on ne sait jamais. S’il neige, si la météo est capricieuse, je peux tirer mon épingle du jeu. Plus jeune, j’aillais souvent à la Clusaz avec mes parents… Je sais ce que c’est d’avoir froid au bout des doigts. Mon père me donnait de bons conseils… notamment celui d’entourer mes orteils de papier journal. Je ne vais pas tout dévoiler, mais voilà, ce sont ces petits remèdes à l’ancienne qui permettent de faire la différence. Les gains marginaux, vous voyez… chaque détail compte.

Et les étapes favorables au sprints massifs… Vous les laissez pour vos équipiers ? Une sorte de remerciement ?

Peut être… Personnellement, les sprints me ‘saoulent’ un peu. Désolé pour ma vulgarité, mais voilà, j’ai fait le tour de la question. Et puis rouler derrière papa à scooter plusieurs fois par semaine lors des entrainements, c’est chiant. Le sans-plomb 98, ça pue. Les durites sont en mauvais état. Les vapeurs d’échappement, j’en ai ma claque.

On ne vous reconnait plus Arnaud. Vous tournez en rond au sein de votre équipe Groupama-FDJ ? On ne suit plus vos propos

Ecoutez, c’est très simple. La saison a été tronquée. C’est une chance unique pour moi d’obtenir le Vélo d’Or. Regardez, j’ai reporté 13 victoires d’étapes. Je veux détrôner Julian Alaphilippe. Il n’y en a que pour lui. C’est agaçant. En remportant des étapes sur tous les terrains… je peux attirer les votes. Je l’ai promis à ma copine. Je me donne donc à fond. C’est important.

Vous nous apprenez des choses Arnaud. Vous visez le trophée du Vélo d’Or plutôt que le maillot cyclamen qui vous tend les bras ? Un maillot distinctif sur un Grand Tour, c’est unique, non ? 

Le cyclamen, je n’aime pas la couleur. J’ai eu une salle de classe qui avait cette couleur sur les murs au collège. Salle de musique je me rappelle, avec Madame Heuz…. Plus vite je m’en débarasse, mieux je me porterai. Même Marc Madiot n’en veut pas. Il me l’a dit par ‘sms’ dans la semaine. Et Marc, en terme de style, il sait de quoi il parle. C’est un exemple pour moi.

Mais attendez, la couleur importe peu… c’est le prestige, la valeur accordée. Vous entrez dans l’histoire avec un maillots distinctif…

Je ne sais pas… demandez à Almeida s’il est content de porter du rose jusqu’aux gants… je ne sais pas. Je ne veux pas me prononcer à sa place.

Très bien… hum, hum. Avant de clôturer Arnaud, deux petites questions. La première, qu’est ce qu’il vous manque le plus sur ce Giro avec les restrictions sanitaires ?

Je dirais le bisou des miss. Quand je ne gagne pas, elles distribuent des bises. Quand je monte sur le podium désormais, elles se tiennent loin de moi. Je n’aime pas çà. Ce n’est pas respectueux. J’ai toujours rêvé de poser une photo de mes joues pleines de rouge à lèvre sur mon Insta perso. Vous savez, ça fait des like facile. C’est cool ça.

Euhhh oui, très bien Arnaud. Merci. Pour terminer, avec votre état de forme, ne regrettez-vous pas d’avoir été exclu de l’effectif du Tour de France 2020 ?

Non pas vraiment. J’ai pu louer un bungalow moins cher en Septembre. On est allé dans un Center Parc avec ma copine. C’était bien. En plus de ça, je n’aime pas trop le Sud de la France. Et le tracé était majoritairement dans le Sud. Ça ne me plaisait pas trop. Merci au staff et aux partenaires de l’équipe pour la liberté qu’ils m‘ont laissé…

Merci Arnaud Démare pour cet entretien. On vous retrouve sur les routes italiennes dès demain… bon repos aujourd’hui.

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