Ils ont aussi crié victoire trop tôt


Non Julian (Alaphilippe), tu n’es pas le seul à t’être vu trop beau, trop tôt, comme ce fut le cas sur Liège-Bastogne-Liège. De nombreux autres coureurs ont aussi connu même mésaventure par le passé. Petit florilège.


Tour de France 1972 – Guimard souffle la victoire à Merckx

Rien n’arrête le Cannibale à cette époque. Déjà vainqueur 3 fois du Tour de France, Eddy Merckx remet son titre en jeu en 1972. Cette année-là, pas de duel avec Luis Ocana. Non, le poil à gratter s’appelle Cyrille Guimard. Le Français porte le maillot jaune en début d’épreuve, mais surtout, son plus beau crime de lèse majesté se déroulera au sommet du Revard. La 15ème étape part ce jour là d’Aix-les-Bains pour arriver dans le massif des Bauges. Celui qu’on appellera « le Druide » a déjà remporté 3 étapes, mais ne compte pas s’arrêter là. Il garde la roue d’Eddy Merckx dans la montée. Le maillot jaune comble les 30 secondes qui le séparent des fugitifs Van Impe, Poulidor et Agostinho. Le Belge dépose ses adversaires au sprint et lève le bras, se croyant assuré de la victoire. Mais il avait oublié le petit trublion de Guimard qui jette son vélo et le bat pour « 1 centimètre » explique l’intéressé après la ligne. La photo est restée dans la légende.


Milan San Remo 2004 – Eric Zabel la presque passe de 5

Déjà vainqueur 4 fois de Milan San Remo, Eric Zabel arrive sur la Via Roma pour s’imposer une 5ème fois. Bien placé dans la roue d’Alessandro Petacchi et de sa Fassa Bortolo, l’Allemand a une voie royale. Il lance son sprint, dépasse l’Italien… et lève les bras. Problème, un Espagnol du nom d’Oscar Freire s’est faufilé sur sa droite et le dépasse en jetant son vélo. Grosse erreur du sextuple maillot vert qui s’en rend compte juste après la ligne. Le sprinteur de la Rabobank triomphera deux fois de plus sur le Primavera. Eric Zabel, ne remontera plus jamais sur le podium.


Vuelta 2007 : Zabel prend sa revanche

Erik Zabel a aussi profité d’une erreur de jugement. Allan Davis, sprinteur de la Discovery Channel, croit remporter la seule victoire de sa carrière en Grand Tour. L’Australien lève les bras à Saragosse exultant de joie. Sauf qu’il avait mal jugé, et Erik Zabel, maillot de la Milram sur le dos, lui passe devant. Davis pointe même du doigt son adversaire une fois la ligne passé, comme s’il désignait le véritable vainqueur. A 37 ans, l’Allemand s’offre son dernier succès sur un Grand Tour.


Tour Eurometropole 2017 : la déception d’Anthony Turgis

Ça y est. Il la tient sa première victoire de l’année. Anthony Turgis, alors à la Cofidis, est seule en tête dans la dernière ligne droite du Tour de l’Eurometropole. Le Français continue d’appuyer sur les pédales comme il peut. Mais la ligne est là il la voit, il y est presque. Il pense que plus personne ne peut le battre. Turgis lève alors les bras sans se retourner. Il aurait dû. Car arrive à vive allure Dan McLay qui le coiffe au poteau. L’ancien médaillé de bronze des championnats du monde espoirs termine même 3eme et ne remportera rien en 2017. Dur à avaler.


Etoile de Bessèges 2018 : la première raté de Bryan Coquard

Bryan Coquard est la recrue star de Vital Concept, la nouvelle formation tricolore de Jérôme Pineau. Le transfuge d’Europcar est à la recherche d’un nouveau challenge, et veut vite prouver qu’il ne s’est pas trompé. Il en a l’occasion sur l’Etoile de Bessèges avec cette 2ème étape promise aux sprinteurs. Le Français est à la lutte avec son compatriote Christophe Laporte dans les derniers mètres. Mais erreur, Bryan Coquard lève les bras et laisse Laporte, toujours concentré, le devancer. Coquard admettra juste après la course « s’en vouloir ». Il gagnera sur la course suivante, le Tour d’Oman, et prendra sa revanche un an plus tard en remportant la 1re étape de l’Etoile de Bessèges. Un mal pour un bien finalement.


Bonus : Pibernik un tour avant sur le Giro

Mais qu’est ce qui a bien pu se passer dans la tête de Luka Pibernik ce jour-là. 5ème etape du Giro 2017, au terme d’une journée tranquille, les sprinteurs vont se disputer la victoire sur un circuit dans la ville de Messina. On approche de la ligne pour le dernier tour, la cloche retentit, mais à quelques mètres de la ligne, Luka Pibernik attaque dans l’incompréhension générale. Le peloton ne réagit évidemment pas. Le Slovène insiste, et lève les bras sur la ligne un tour plus tôt… Le Slovène ne se rend compte de sa bêtise que quelques instants plus tard, lorsqu’il réintègre le paquet. Une séquence hilarante. C’est pour l’instant la seule participation au Giro pour le coureur de Bahrain Mclaren. On comprend pourquoi.

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