Mon Peloton

Le média cyclisme qui te fait changer de braquet

Ardennaises – Warren Barguil : « Faire un Top 10, pas si facile… »

Suite à un début de saison plutôt intéressant, Warren Barguil se présente sur les classiques Ardennaises avec une grande envie. Que ce soit sur La Flèche Wallonne mercredi ou sur Liège-Bastogne-Liège dimanche, le leader du Team Arkéa Samsic aura de belles ambitions.

Warren Barguil va se donner à fond sur les Ardennaises (Photo : Sirotti).

Après une belle fin de saison dernière, avec des Top 10 sur La Flèche Wallonne (4e) et Liège-Bastogne-Liège (9e), comment s’est déroulée la transition entre 2020 et 2021 ?

« Je n’ai pas fait beaucoup de changements par rapport à l’hiver précédent. J’ai fait une préparation classique. J’étais peut-être un peu plus en forme que les autres années en début de saison, et notamment sur le Tour de La Provence. Mais malheureusement, je suis tombé malade juste après… Avant les classiques de l’Ardèche et de la Drôme. Du coup, ce petit contre-temps m’a mis un peu dedans avant Paris-Nice. Un Paris-Nice où il n’y a pas eu de bordures. Ce qui a été dommageable pour moi, car j’apprécie les bordures. Du coup, ça a été un Paris-Nice qui s’est plus fait dans les cols, alors que d’habitude, ça se fait un peu sur le plat, avec une partie qui s’élimine dans les bordures. Je comptais un peu sur ça pour faire un bon classement. Mais ça n’a pas forcément marché, avec une 14e place.

Après, j’ai fait un bloc sur les Flandriennes, pour la première fois. Et ça a été dur (rires). Mais j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir. Donc j’ai forcément envie d’y retourner dans les saisons à venir. Mais avant de penser à ça, je vais voir comment la campagne des Ardennaises va se finir. Histoire de voir si c’était le bon choix ou pas. En même temps, on n’avait pas vraiment trop le choix non plus, vu que l’on n’était pas sur le Tour du Pays Basque. En général, la préparation idéale avant les Ardennaises, c’est de faire Paris-Nice, puis le Pays Basque. Là, on va voir si ça me réussit de faire des Flandriennes avant les Ardennaises. J’en doute un peu, mais on va bien voir ».

« J’ai surtout travaillé les efforts plus toniques »


En début de saison, vous aviez dit vouloir retrouver vos qualités de puncheur. Comment cela s’est traduit ?

« J’ai changé un peu mon entraînement, sans faire plus de musculation. J’ai surtout travaillé les efforts plus toniques, et notamment ces derniers jours. Les Flandriennes m’ont permis de travailler ces efforts très courts en étant assis. C’était une préparation complètement différente de d’habitude, où je faisais surtout de longs efforts, sur des courses par étapes. Là, j’ai surtout bossé les efforts de trois à cinq minutes. Je sens forcément la différence. On verra si ça paye sur La Flèche Wallonne et sur Liège-Bastogne-Liège. En tout cas, sur l’Amstel Gold Race, je me sentais assez bien dans les efforts courts ».

Warren Barguil a connu un début de saison mitigé (Photo : Sirotti).

Au niveau du début de saison, le bilan est plutôt positif ?

« Ça a été compliqué. Car le week-end en l’Ardèche et dans la Drôme lance souvent ma saison. Et là, je n’étais vraiment pas bien… Mais ça reste un début de saison classique pour moi. Je ne suis pas quelqu’un qui marche vraiment en début de saison. En plus, cette année, le niveau était hyper relevé. Vu que personne ne savait où il allait, beaucoup de coureurs ont mis les bouchées doubles pendant l’hiver. Il y avait un très très gros niveau sur le début de saison.

Moi, je suis bien au Tour de France, et après. Certains coureurs ont moins d’envie, le niveau baisse un petit peu. Et c’est après le Tour que je suis au top en restant mobilisé. La saison dernière, j’ai fait une belle fin de saison car c’était après le Tour de France. J’espère faire pareil cette année. C’est pour ça que je ne m’affole pas beaucoup en début de saison ».

« Le Tour de Flandres, c’était une très bonne expérience »


Pour revenir aux classiques flandriennes, et même si vous aviez déjà fait de belles choses sur les pavés du Tour de France en 2015 par exemple, vous vous êtes un peu découvert sur A travers la Flandre ?

« Les pavés du Tour des Flandres sont différents de ceux du Nord. En Flandres, ce sont des pavés en bosse. Un jour, j’aimerais bien faire Paris-Roubaix pour voir la différence. Mais sur les Flandres, c’est un effort compliqué, car il faut être placé toute la journée. Même si j’aime bien ça, c’était difficile. Car tout le monde veut vraiment être devant, avec les sprinteurs-rouleurs, pas les grimpeurs. Donc la place est plus dure à se faire.

Le Tour de Flandres, c’était une très bonne expérience. C’est dur physiquement et mentalement. C’est l’une des courses les plus dures que j’ai pu faire durant ma carrière. Liège-Bastogne-Liège, c’est dur, le Tour de Lombardie aussi. Mais les trois quarts sur le physique. Alors que sur les Flandriennes, c’est 50-50 entre le physique et mental ».

Barguil a eu un coup de foudre pour les Flandriennes (Photo : Sirotti).

Comment s’est passé le switch entre les Flandriennes et les Ardennaises ? 

« Le fait d’avoir l’Amstel Gold Race entre les deux, c’est bien. Car l’Amstel, c’est un peu un mix des deux. Du coup, la transition se fait bien ».

« Les jambes étaient plutôt correctes sur l’Amstel »


Sur l’Amstel Gold Race justement, vous avez terminé 25e dans le peloton principal. Quel bilan tirez-vous de cette première classique dans les Ardennes ?

« La journée a été très dure, avec le parcours en circuits. La course s’est ouverte très tôt. Sur le final, j’étais un peu juste. Mais j’arrive quand même dans le coup pour la quatrième place. Dans le Cauberg, j’ai réussi à suivre la contre-attaque. Donc les jambes étaient plutôt correctes sur l’Amstel. Maintenant cap sur mercredi et La Flèche Wallonne, où j’espère que ça sera encore mieux que dimanche ».

Barguil s’est rassuré sur l’Amstel Gold Race dimanche (Photo : Sirotti).

Comment se gère la semaine des Ardennaises avec trois courses en huit jours ?

« La gestion n’est pas simple. Mais le but, c’est de bien récupérer entre les courses. Ce lundi, on a fait une heure trente de vélo. Mardi, deux heures avec la reconnaissance de La Flèche Wallonne. Certains vont faire des efforts, d’autres pas, ça dépend un peu des coureurs. Après, on court mercredi. Et au final, le plus compliqué, c’est de bien placer la reconnaissance de Liège-Bastogne-Liège en fonction de la météo. Entre le jeudi ou le vendredi. Si on choisit vendredi, la journée de jeudi sera très tranquille, genre une heure d’entraînement avec un peu de gainage. Après, pour la reco, on roule environ trois heures. Et samedi, juste le petit déblocage avant La Doyenne ».

« Faire un Top 10 sur La Flèche puis sur Liège, ce sera bien »


L’an dernier, vous aviez fait 4e de La Flèche Wallonne. Quel sera votre objectif mercredi ?

« Je vais viser un Top 10. Car le niveau sera un peu plus relevé que l’an passé. Mais en fait, je n’arriverai pas dans la même forme que l’an dernier. Car faire une longue course comme le Tour de France avant, comme ça avait été le cas en 2020, ça m’avait permis de me mettre bien en jambes. Là, je croise les doigts pour avoir de bonnes sensations dans le Mur de Huy. En tout cas, j’ai tout fait pour.

Faire un Top 10 sur La Flèche puis sur Liège, ce sera bien. Car il y a pas mal de coureurs qui peuvent jouer la gagne sur La Flèche, beaucoup qui peuvent jouer le podium et le Top 5, et encore plus pour le Top 10. Donc ça fait beaucoup de prétendants. Faire un Top 10, ce n’est pas si facile… ».

Barguil est prêt pour La Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège (Photo : Sirotti).

Si la tactique importe assez peu sur La Flèche Wallonne, sachant que la décision se fait surtout dans la dernière montée du Mur de Huy, la donne est différente pour Liège-Bastogne-Liège. Quelle sera votre tactique pour La Doyenne ?

« Liège se court un peu différemment que l’Amstel. Car en fait, c’est du punch très long. La Roche aux Faucons se monte en deux fois. L’an passé, je déraille au pied, mais j’arrive à rentrer sur mon groupe avant la première bascule. Et j’ai tout donné jusqu’en haut après. Et au final, j’ai fini avec mon groupe de base. Depuis qu’ils ont changé un peu le parcours final, sans la Côte de Saint-Nicolas ni Ans, ça fait une différence. Là, il y a souvent quelques coureurs qui se dégagent, et après, il y a un groupe qui arrive pour le Top 10. Concernant la tactique, pour faire un bon résultat, c’est dur d’anticiper avant La Roche aux Faucons. Tout se joue après ».

« Une très belle semaine dans la saison »


On sait que vous avez toujours aimé les Ardennaises. Est-ce que l’on peut dire que c’est votre semaine préférée dans l’année ?

« On peut dire ça oui. C’est ma semaine préférée, mais le mieux, ce serait qu’elle soit en septembre (rires). Comme l’année dernière après le Tour de France. Mais oui, ça reste une belle semaine, même en avril. Ce sont des courses que j’apprécie énormément, surtout quand il y a de l’ambiance avec du public, ce qui ne sera pas trop le cas cette année… Mais ça reste une très belle semaine dans la saison ».

Warren Barguil veut prendre du plaisir cette semaine (Photo : Sirotti).

Pour évoquer un peu la deuxième partie de saison, vous allez participer au Tro Bro Leon, chez vous en Bretagne, en mai prochain. Ce sera avant tout une course plaisir ?

« Oui, je vais découvrir le Tro Bro. J’espère aussi me faire plaisir sur cette course ».

« Le Tour en Bretagne, ce sera un grand moment ! »


Concernant le Tour de France et le Grand Départ en Bretagne, ça va être un moment unique dans votre carrière ?

« Le Tour en Bretagne, ce sera un grand moment ! Être au départ du Tour à la maison, ce n’est pas souvent. Et là, en plus, on va vraiment passer devant chez moi. En effet, la route du Tour passe sur le pont qui est à côté de chez moi et que je vois de la maison. Franchement, ce sera un moment exceptionnel ! J’ai vraiment hâte d’y être. Et forcément, ça va me booster pour être encore plus prêt que d’habitude au début du Tour ».

Barguil aura de grands objectifs sur le Tour de France en Bretagne (Photo : Sirotti).

Vu les premières étapes en Bretagne, vous allez sûrement vous servir des bienfaits des classiques Ardennaises pour viser de grands résultats ? 

« Après les classiques, je vais vraiment continuer de bosser les efforts de puncheur. Car l’objectif, ce sera d’être vraiment bien sur le début du Tour, où j’ambitionnerai de faire de grandes choses ! ».

Propos recueillis par Alexis Rose.

7 thoughts on “Ardennaises – Warren Barguil : « Faire un Top 10, pas si facile… »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *