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La Flèche Wallonne – Didier Rous, 2ème en 96 : « Je ne trouvais pas Armstrong au-dessus »

Didier Rous n’a jamais été un grand spécialiste des classiques ardennaises, mais lors de La Flèche Wallonne 1996, il a failli réaliser l’exploit. S’il n’a été battu que par Lance Armstrong, il en garde des souvenirs intacts avec une pointe de regrets quand même.

Didier Rous, à gauche, avec le maillot de Gan
Didier Rous, à gauche, avec le maillot de Gan. (Sirotti)


Didier Rous n’a que 25 ans lorsqu’il s’élance pour la deuxième fois sur La Flèche Wallonne. Deux ans plus tôt, le coureur de la Gan avait effectué ses grands débuts dans la classique belge avec une 34ème place à la clé, juste devant… Lance Armstrong (36ème). Un coureur qu’il retrouvera lors de l’édition 1996 qui démarrait de Spa pour aller à Huy.

Cette année-là d’ailleurs, le Français arrivait lancé en Belgique pour le 60ème anniversaire de la course. « J’étais vraiment dans une grande forme. De mémoire avant d’arriver, je fais autour du Top 15 de Paris-Nice (16ème), je gagne une étape au Tour de la Communauté de Valence (devant Jalabert), puis le chrono du Critérium International (devant Boardman). J’étais conscient aussi que les Ardennaises pouvaient me convenir, parce que dès ma première saison pro je fais 10ème de l’Amstel. Mais cette année-là avant La Flèche, je ne savais pas trop où je mettais les pieds ».

« Qu’est ce que je fous là »


Pourtant il est bien là quand les choses sérieuses commencent. À l’époque, la sélection se faisait bien avant le dernier passage au Mur de Huy. Et lorsque le groupe de costauds part lors du deuxième passage au Mur, il en fait partie : « Ça sort en deux fois. Je rentre sur deux ou trois hommes avec quelques coureurs ».

Didier Rous, au fond, a vécu une belle année 1996 sur la Flèche Wallonne
Didier Rous, au fond, a vécu une belle année 1996 sur la Flèche Wallonne (Sirotti)


Au sein du groupe, il y a du lourd : Mauro Gianetti (vainqueur de Liège en 95), Maurizio Fondriest (vainqueur en 93) ou encore Lance Armstrong. « À ce moment là je me dis : “qu’est ce que je fous là”, se rappelle Didier Rous, mais j’étais content d’y être. Je n’avais juste pas la confiance que pouvaient avoir ces gars-là ».

Des cadors qu’il va pourtant dominer lors du passage sur la Côte de Ben Ahin : « Armstrong sort. Moi j’y vais, parce qu’à ce moment-là je ne risquais pas grand-chose. Même si j’explose, j’aurais quand même eu un résultat pas mal. Mais je me surprends d’être bien avec lui ».

« J’ai fait n’importe quoi »


Les deux prennent rapidement du champ, et savent très vite qu’ils pourront se disputer la victoire à Huy : « Je me suis d’ailleurs un peu enflammé. J’ai beaucoup trop roulé. En regardant les vidéos aujourd’hui, je vois que je fais n’importe quoi. Je fais toute la dernière bosse (le Mur de Huy) devant jusqu’à ce qu’il m’attaque. Vraiment, si j’avais été équipier d’Armstrong ce jour-là, je n’aurais pas pu faire mieux (rires) ».


Le final de La Flèche Wallonne 1996 :


Finalement, l’Américain file vers la victoire et Rous se contente de la deuxième place, 8 secondes derrière : « Je me suis rendu compte que je courrais plus pour faire deuxième que pour la victoire. Je pense que si j’avais eu un peu plus d’expérience, même si je ne dis pas que j’aurais gagné, ça aurait pu se passer autrement. Si j’avais vu un de mes coureurs faire ça aujourd’hui, je peux vous dire que je lui aurais dit quelque chose ». Mais sans oreillette à cette époque, c’était un peu plus difficile.

« Armstrong n’était pas aérien »


N’empêche, l’actuel directeur sportif de B&B Hôtels avait sans doute une meilleure carte à jouer : « Parce que je ne trouvais pas qu’Armstrong était aérien, au dessus. Après il faisait 10 kilos de plus que sa période Tour de France ».

Lance Armstrong n’était pas encore un coureur de Grands Tours à l’époque. (Sirotti)

Reste que l’ancien coureur professionnel garde un bon souvenir de ce podium qui restera le seul de sa carrière sur les Ardennaises. « Oui je peux dire que c’est quand même de la fierté. Il n’y a pas beaucoup de coureurs qui ont pu faire ça ». Même si dès l’année d’après, c’est le tricolore Laurent Jalabert qui l’emporte, avant que Julian Alaphilippe, deux fois (2018-2019), ne mette fin à 21 ans de disette française.

Surtout, il garde le même amour pour les Ardennaises qui sont les seules courses où « on ne triche pas en s’accrochant aux voitures ou en prenant les pistes cyclables. C’est clairement les jambes qui parlent et rien d’autre ». Ce 17 avril 1996, Didier Rous les avait pour jouer la gagne en tout cas.

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