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Giro 2021 : Le bilan équipe par équipe

Le Giro s’est terminé comme il avait commencé : par une domination sans conteste d’Ineos-Grenadiers. Après trois semaines de combat à travers l’Italie, il est temps de tirer le bilan de chaque équipe. Cliquez sur la formation de votre choix pour tout savoir.

INEOS Grenadiers, carton plein

À 24 ans, Egan Bernal s’offre son premier Giro. (Sirotti)

L’objectif de victoire affiché a été respecté, et cela suffisait amplement à dresser un bilan positif du Giro d’Ineos. Mais avec quatre victoires d’étapes, une domination quasi-permanente sur la route et un Daniel Martinez en lieutenant de luxe, c’est une mention très bien pour l’armada britannique. Le seul bémol aura été l’abandon de Pavel Sivakov en début de course, qui n’a pas empêché les hommes de Dave Brailsford de ravir le classement par équipes.

Au-delà du résultat, Ineos a retrouvé l’aura qui faisait d’elle l’ennemie publique numéro 1 sur les Grands Tours jusqu’en 2019. Avec 13 victoires sur les courses de trois semaines à son palmarès et ce statut retrouvé, elle fera peur à tout le monde au départ de la Grand Boucle.

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AG2R Citroën, un maillot de consolation

Obstiné, Geoffrey Bouchard est le seul qui a fait du maillot bleu un objectif à part entière. (Sirotti)

L’équipe française se présentait en Italie avec une équipe de chasseurs d’étapes. Si Andrea Vendrame a exaucé son vœu, on retient surtout la performance de Geoffrey Bouchard, sacré meilleur grimpeur du Giro à défaut d’avoir su s’imposer. La course d’AG2R-Citroën est donc réussie même si on peut regretter de ne pas avoir assez vu son maillot aux avant-postes, notamment lors d’étapes promises aux baroudeurs.

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Alpecin-Fenix, une première réussie

Tim Merlier ne s’est pas fait attendre : premier sprint et première victoire pour le Belge. (Sirotti)

Tout a parfaitement commencé pour Alpecin : dès la première étape en ligne, c’est son sprinteur Tim Merlier qui a levé les bras et mis en lumière l’équipe pour sa première en Grand Tour. La suite n’a pas été à la hauteur des promesses contenues dans ce premier succès : ils repartent d’Italie avec sept Tops 10, un Top 20 au général pour Louis Vervaeke et surtout l’image d’une équipe très offensive qui n’a jamais cessé d’essayer. Dries De Bondt, omniprésent en fin de course, est récompensé par les prix de la combativité et des sprints intermédiaires. On a déjà hâte de voir ce que donnera le premier Tour de France d’Alpecin-Fenix avec son leader Mathieu van der Poel.

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Un Giro de souffrance pour Androni Giocattoli – Sidermec

Simon Pellaud a totalisé 7 échappées pour un total de 998 kilomètres passés devant le peloton. (Sirotti)

Simon Pellaud sur le podium à Milan. La scène est bien trompeuse et cache un Giro bien triste pour Androni. Si le Suisse s’est offert le symbolique prix du coureur ayant parcouru le plus de kilomètres en échappée, c’est bien là le seul fait d’armes des Italiens, qui n’ont pas même réussi à terminer un 4e Giro consécutif sans abandon. Les deux seuls Tops 10 obtenus en 21 étapes illustrent le Tour d’Italie poussif des rouge et blanc.

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Astana – Premier Tech, une 4e place transparente

Aleksandr Vlasov a terminé 4e de son premier Giro. (Sirotti)

Aleksandr Vlasov est absent du podium comme Astana a été absente des débats. Très discrète et focalisée sur la protection de son leader, l’équipe kazakhstanaise s’est souvent contentée de défendre. Une stratégie payante puisque le Russe a bien limité la casse malgré sa baisse de forme en troisième semaine. Si la quatrième place du général est un bon résultat pour lui, la manière est décevante.

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Damiano Caruso, doublure de luxe de Mikel Landa

Damiano Caruso n’avait jamais fait mieux que 8e sur un Grand Tour. (Sirotti)

Bahrain-Victorious comptait sur Mikel Landa pour décrocher un podium, voire même une première victoire sur trois semaines. Tout s’est vite écroulé pour l’Espagnol qui a trouvé en Damiano Caruso un remplaçant de choix. L’Italien, qui a 33 ans est dans la forme de sa vie, s’est accroché à sa deuxième place sans jamais fléchir. Il a même remporté une étape de prestige à l’Alpe Motta comme l’avait fait le jeune Gino Mäder en première semaine. Le bilan de la Bahrain n’est entâché que par les abandons de Landa, Mohoric et Mäder qui auraient certainement animé la fin de course s’ils n’avaient pas chuté.

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Bardiani-CSF-Faizanè pas à la hauteur

Filippo Fiorelli a décroché la 3e place à Sestola. (Sirotti)

Les tifosi savaient que la tâche serait rude pour Bardiani. Bien que volontaire dans l’effort, notamment en première semaine, les coureurs italiens n’ont jamais pesé sur la course et repartent bredouille comme ce fut souvent le cas depuis 2016, date de leur dernière victoire sur leurs routes. La marche qui les sépare du niveau World Tour semble même grandir chaque année et le recrutement de coureurs d’expérience n’y fait rien : ce sont les jeunes qui s’en sont le mieux sortis à l’image de Filippo Fiorelli.

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Peter Sagan s’offre un premier maillot cyclamen

Peter Sagan n’a dégainé qu’une fois sur ce Giro. (Sirotti)

Peter Sagan a gagné une étape et ramené le maillot cyclamen à Milan : le contrat est rempli. Le Slovaque lui-même aurait aimé gagner davantage d’étapes, mais son attitude de défense en troisième semaine est le signe qu’il n’en avait pas les moyens. Quant à ses coéquipiers, ils sont restés très discrets et n’ont jamais entrevu une possible victoire. Pas plus qu’Emanuel Buchmann n’a entrevu le Top 5 espéré. Revenu dans le match après un début de Giro catastrophique, l’Allemand a dû faire ses valises à la suite d’une grosse chute. La Bora s’est donc contentée du minimum syndical sur ce Giro.

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Une victoire surprise et un bilan mitigé pour Cofidis

Victor Lafay a pris ses responsabilités devant la disette de Cofidis. (Sirotti)

On attendait Elia Viviani, on a eu Victor Lafay. Le sprinteur italien était pourtant à son aise lors des premières arrivées groupées, bien épaulé par un Simone Consonni qui a réalisé un très bon Giro. Mais l’ancien champion d’Europe n’a jamais mis la balle au fond et devra faire mieux au Tour de France. Cofidis peut tout de même se targuer d’avoir remporté une étape puisque Victor Lafay a surpris tout le monde à Guardia Sanframondi. Ce n’est pas ce qui était prévu, mais Cédric Vasseur ne crachera pas dessus.

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Deceuninck – Quick Step a couru à l’envers

Joao Almeida s’est jeté trop tard dans la course au général. (Sirotti)

Deceuninck n’est décidément pas taillée pour les Grands Tours. L’équipe belge a tout misé sur Remco Evenepoel malgré son inexpérience et son manque de repères. Quitte à laisser Joao Almeida prendre du temps en première semaine. Avec du recul, le Wolfpack peut se mordre les doigts : son leader a rencontré de grandes difficultés en début de troisième semaine et c’est le Portugais qui a enfin pris le relais, réalisant une remontée fantastique qui lui permet de terminer 6e. Frustrant.

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Hugh Carthy à sa place ?

Hugh Carthy a faibli en troisième semaine mais sauve sa 8e place. (Sirotti)

Troisième de la dernière Vuelta, Hugh Carthy avait sans doute d’autres espérances. Le Britannique, longtemps dans le coup pour un podium, s’est écroulé dans les derniers jours et a perdu cinq places en autant d’étapes. Il était temps que ça se termine pour lui. On ne peut pas en dire autant d’Alberto Bettiol qui a épaulé du mieux qu’il le pouvait son leader et qui a surtout remporté l’étape de Stradella.

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Lorenzo Fortunato, la révélation Eolo

Lorenzo Fortunato a posé les jalons d’une belle carrière sur les pentes du Monte Zoncolan. (Sirotti)

Eolo, comme Alpecin, disputait le tout premier grand Tour de son histoire et s’y est plutôt bien distingué. Après un début poussif, c’est Lorenzo Fortunato qui a enfilé le costume de sauveur de la formation de Basso et Contador. Vainqueur au Monte Zoncolan, l’Italien de 25 ans a ensuite réalisé de très bonnes performances en montagne, s’accrochant au tempo des meilleurs le plus longtemps possible pour remonter progressivement jusqu’à la 16e place du général. Un résultat que personne n’espérait au départ.

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Intermarché-Wanty-Gobert réussit sa première

Taco van der Hoorn a mis les frissons à tout le monde à Canale. (Sirotti)

Si ce Giro est celui des grandes premières, c’est aussi grâce à Intermarché-Wanty-Gobert. Car dès le 3e jour, Taco van der Hoorn avait surpris tout le monde en résistant au peloton à Canale. Les trois semaines n’ont bien sûr pas été sur la même tonalité et l’équipe belge n’a pas su peser autant qu’elle le souhaitait. Elle peut néanmoins afficher fièrement son caractère offensif, incarné par Quinten Hermans et Andrea Pasqualon notamment.

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Attila Valter leader à l’improviste

Attila Valter a joué les leaders en Italie. (Sirotti)

C’est l’image que l’on retiendra du Giro de Groupama : Attila Valter en rose après avoir porté le maillot blanc. Du reste, la formation française a déçu, disons-le. Composée d’attaquants, elle n’a été représentée dans l’échappée qu’à cinq reprises alors même que les baroudeurs ont souvent été récompensés sur cette épreuve. Frileuse, elle s’est contentée de protéger Attila Valter pour lui permettre l’apprentissage du rôle de leader. Bien pour la suite, peut-être, mais le Hongrois termine à une anecdotique 14e place et le butin de la FDJ est bien maigre.

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Dan Martin sauve les meubles

Dan Martin a intégré le Top 10 et remporté une étape. (Sirotti)

Israel Start-Up Nation voulait bien figurer au classement général. Bénéficiant de quelques abandons en fin de course, Dan Martin est remonté à la 10e place sur le fil, remplissant de justesse le contrat. Il a surtout remporté une belle étape qui fait définitivement de son Giro une réussite, notamment après qu’Alessandro De Marchi ait porté, le temps d’une journée, la maglia rosa. La formation israélienne aurait aimé ajouter à cela un maillot cyclamen ou une victoire de Davide Cimolai, mais le sprinteur italien est tombé sur plus fort que lui.

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Tobias Foss comme un grand

Il faut remonter à 1984 pour trouver un Norvégien dans le Top 10 d’un Giro d’Italia. (Sirotti)

Il avait étonné les observateurs lors du chrono inaugural de ce Giro. Mais sa 3e place à Turin n’est rien à côté de sa 9e place finale au général. Le jeune Tobias Foss a résisté durant trois semaines, bien entouré par des coéquipiers dévoués. Une fois George Bennett hors-jeu, le Norvégien est revenu dans la bataille sur les chemins blancs de Toscane puis s’est accroché jusqu’à Milan. Il compense les absences du grimpeur Néo-Zélandais mais aussi du duo néerlandais Groenewegen-Dekker, aux abonnés absents lors des arrivées massives.

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Lotto-Soudal en tête à tête

Stefano Oldani a décroche trois Tops 10 pour son premier Giro. (Sirotti)

C’est à deux seulement qu’ils ont fini le Giro : Stefano Oldani et Harm Vanhoucke, délaissés par leurs coéquipiers, ont dû trouver le temps bien long dans le bus de la Lotto Soudal. Alors que tout avait bien commencé, Caleb Ewan ayant réalisé un joli doublé, les abandons ont entravé le collectif un à un. L’Italien et le Belge se sont battus comme ils le pouvaient mais ont peiné à avoir un quelconque impact sur la course. Retenons néanmoins que la quête du sprinteur de poche est toujours d’actualité : Ewan s’est fait un objectif de gagner sur les trois Grands Tour en 2021.

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Movistar n’a pas su se remobiliser

Le Grand Tour de référence de Marc Soler, ce n’est pas encore pour cette fois. (Sirotti)

Marc Soler était dans le coup. Aux portes du Top 10 à mi-course, il a dû abandonner, laissant orphelins ses coéquipiers. Antonio Pedrero a bien essayé de prendre la relève mais sans succès. Le bilan de la Movistar est bien terne et son Giro à oublier.

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BikeExchange doit se contenter du podium

Battu par Bernal et Caruso, Simon Yates mérite la 3e place. (Sirotti)

Ce furent trois semaines en dents de scie pour Simon Yates. Alternant le très bon et les défaillances, il a trop souvent perdu ce qu’il avait obtenu auprès d’intenses efforts quelques jours plus tôt. Troisième à l’arrivée, il s’est tout de même affirmé comme un coureur capable de jouer le podium, ce qui était remis en cause depuis sa victoire à la Vuelta 2018. Son beau succès en dernière semaine vient récompenser le travail de son équipe, exclusivement dévouée à sa cause depuis le départ.

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Romain Bardet (re)commence bien

Romain Bardet décroche son meilleur résultat sur un Grand Tour depuis 2018. (Sirotti)

Son transfert au Team DSM a soulevé beaucoup d’interrogations et les plus septiques le voyaient déjà en fin de carrière. Romain Bardet a fait taire les mauvaises langues sur ce Giro. Constant, il s’est tout de suite affirmé comme le leader incontesté de l’équipe allemande malgré la présence de Jai Hindley. De quoi acquérir définitivement la confiance de sa nouvelle équipe comme en atteste la stratégie collective aperçue lors de la 20e étape. Le Français termine 7e, à la fois loin et si proche d’une place dans le Top 5.

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Qhubeka-Assos : et 1, et 2, et 3 victoires !

Après d’innombrables podiums, le champion d’Europe tient enfin sa victoire au Giro. (Sirotti)

C’est l’une des formations les plus modestes du World Tour, mais elle n’a pas fait de complexe. Dans une deuxième semaine de rêve, elle s’est offert le luxe de remporter trois étapes en cinq jours seulement. Tout a commencé lorsque l’inattendu Mauro Schmid a débloqué les compteurs, ouvrant la voie à son leader Giacomo Nizzolo, lauréat deux jours plus tard. Victor Campenaerts a ensuite ajouté sa pierre à l’édifice, motivé comme un cadet. La suite du Tour d’Italie a été plus compliquée pour l’équipe sud-africaine, avec notamment l’abandon de son sprinteur. Mais qu’importe, c’est peut-être bien là le plus beau Grand Tour qu’elle ait jamais effectué.

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Trek-Segafredo loin de ses standards

Giulio Ciccone a longtemps cru pouvoir décrocher son premier Top 10 sur trois semaines. (Sirotti)

Avec un Bauke Mollema détourné du général et un Vincenzo Nibali parti blessé, les chances de bien figurer au classement reposaient exclusivement sur Giulio Ciccone. Et le jeune italien n’a pas déçu : longtemps dans le match, il a fait beaucoup d’efforts qu’il a fini par payer. Il semblait pourtant pouvoir sauver son Top 10 jusqu’à ce qu’il joue de malchance dans l’étape de Sega di Ala. Non-partant le lendemain, il a laissé derrière lui une équipe apathique. Ni Mollema ni Nibali n’ont su aller chercher l’étape qui aurait sauvé la mise. Décevant.

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Dombrowski sauve les siens

Joe Dombrowski a dû quitter le Giro 24 heures après la plus belle victoire de sa carrière. (Sirotti)

Fernando Gaviria voulait une victoire et le cyclamen. Il n’a rien eu de tout cela. Davide Formolo voulait le Top 10. Il termine 15e. Diego Ulissi, trop souvent occupé à sauver les meubles pour l’Italien, n’a eu que trop peu d’occasions de scorer. Heureusement pour UAE que Joe Dombrowski avait gagné dès la quatrième étape car le bilan aurait été triste sans ce coup d’éclat de l’Américain.

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