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Giro – Étape 3 : les tops et les flops

Taco Van der Hoorn s’impose spectaculairement au terme de cette étape vallonée. Au général, Filippo Ganna honore toujours son maillot rose. Maintenant, place aux tops et flops de cette troisième étape du Giro d’Italia.

Taco Van der Hoorn peut sourire : il vient de réaliser un sacré exploit. (Sirotti).

Les tops :

Taco Van der Hoorn

Quel plaisir de voir une échappée aller au bout, surtout en première semaine de Grand Tour ! En effet, il est de coutume, sur les premières étapes, de laisser partir les échappés pour la forme, puis de les rattraper à moins de 20 kilomètres de l’arrivée. Mais aujourd’hui, le final ne s’est pas passé comme prévu pour les trains de sprinteurs. Échappé depuis la première heure ce matin, Taco Van der Hoorn a intelligemment orchestré sa journée pour ne pas se retrouver en manque de force dans le final. Sans disputer les sprints intermédiaires et le grand-prix de la montagne, le Hollandais a vu tous ses compagnons d’échappée renoncer à la course un par un.

Seul Simon Pellaud, le champion de Suisse de la montagne, parvient à rester en tête avec lui. Mais le Suisse, certainement fatigué par les nombreux efforts du jour, est un poids pour Van der Hoorn. Le coureur de la Intermarché-Wanty Gobert décide donc de lâcher son compagnon de fortune. Au terme d’une course contre le peloton, rappelant celle de Tony Gallopin en 2014 sur les routes du Tour de France, Taco Van der Hoorm remporte la troisième étape du Giro. En prime, il offre la première victoire de la saison à son écurie belge.

Simon Pellaud

Lorsqu’il est à l’avant, Simon Pellaud se débrouille systématiquement pour assurer le spectacle. Après s’être montré offensif lors du Tour de Romandie, le Suisse remet le couvert sur le Giro. Et ce n’est pas sans plaire ! D’autant qu’à la base, le Suisse n’aurait pas dû prendre part à la course. En effet, son équipe ne doit sa participation qu’au forfait de l’écurie Vino-Zabu, suspendue par l’UCI à cause de deux contrôles de dopages positifs. Simon Pellaud et la Androni profitent de cette opportunité inespérée pour redorer leur blason.

À la conquête du grand-prix de la montagne, le Suisse n’a cessé de dynamiter l’échappée. Il est même le dernier survivant de ce groupe parti en début d’étape. Seul Taco Van der Hoorm arrive à le suivre. Mais, moins frais que le Néerlandais, Simon Pellaud ne peut rivaliser avec ce dernier pour jouer la victoire. Pas de podium pour Pellaud ce soir, mais il gagne sa place dans les tops de notre rubrique « tops flops » de cette troisième étape du Giro 2021.

EOLO-Kometa

Stefano Zanatta, le directeur sportif de la EOLO-Kometa, disait vouloir jouer avant tout la victoire d’étape sur ce Giro 2021. Cet objectif aurait presque pu être atteint aujourd’hui, dès la troisième étape ! En plaçant ses coureurs Albanese et Rivi dans l’échappée, l’équipe d’Alberto Contador était loin de se douter qu’elle dirigerait ce groupe d’une main de fer. En effet, l’écurie bleue s’est adjugée le maillot du grand-prix de la montagne au terme de la deuxième étape.

Aujourd’hui, le but était d’accentuer l’avance sur ce classement, et ainsi permettre à Vincenzo Albanese de rester bon leader de la discipline. Chose promis, chose due ! À chaque ascension, les EOLO-Kometa ont parfaitement su gérer la course. Assurant le tempo, contrant les attaques… Albanese et Rivi ont tactiquement réussi tous leurs coups. Avec 12 points engrangés aujourd’hui, Vincenzo Albanese dispose de 16 points au total. Une belle performance pour l’équipe qui participe à son premier Grand Tour.

Les flops :

Bora-Hansgrohe

À l’avant du peloton dès les premiers kilomètres, la Bora-Hansgrohe sait qu’elle sera l’équipe maîtresse de la course aujourd’hui. La faute à qui ? À un certain Peter Sagan, annoncé largement favori de cette troisième étape au profil vallonnée. De fait, pendant plus de 150 kilomètres, la formation allemande dirige les opérations, laissant passer quelques relais à la Alpecin Fenix. Seulement voilà, la journée aurait pu être parfaite si l’équipe n’avait pas sous estimée l’échappée.

Alors que les ascensions s’enchainent, l’écart se réduit faiblement. Les difficultés se font plutôt ressentir à l’arrière, du côté des sprinteurs. D’abord, Ewan lâche, puis Groenewegen lâche à son tour. Deux grosses équipes sont alors mises hors-jeu pour la poursuite. Aussi, les efforts de la Cofidis ou d’Israel Start-Up Nation sont bien maigres par rapport à ceux fournis par la Bora. De ce fait, lorsque la poursuite avec l’homme de tête est lancée, il est déjà trop tard. Sagan ne remporte pas l’étape, et la Bora a manqué une sacrée occasion de faire gagner sa star.

UAE Team Emirates

Si Taco Van der Hoorn n’était pas allé au bout, l’UAE Team Emirates aurait certainement fait partie des tops, et non des flops, de cette troisième étape du Giro. En effet, alors que tous les gros mollets lâchent dans les ascensions successives, l’ex-porteur du maillot cyclamen Fernando Gaviria résiste au parcours avec brio ! Déjà heureux de suivre le tempo, le Colombien est qui plus est encore en compagnie de tout son train ! À ce moment-là, Gaviria devient un prétendant sérieux à la victoire d’étape.

Seulement, pour que l’arrivée se dispute au sprint, il faut d’abord rattraper les échappés. Et pour cela, il faut coopérer. Or, la UAE laisse tout le soin à la Bora-Hansgrohe d’effectuer le « sale boulot ». Ce manque de soutien va venir contrer les plans de la firme émiratie, puisque Van der Hoorn termine l’étape en solitaire, et prive les équipes de sprinteurs de faire parler leur puissance. En prime, Gaviria doit se contenter d’une maigre 7ème place. La journée est bien moins prolifique que ce qu’elle aurait pu l’être, du côté de chez la UAE Emirates.

Giacomo Nizzolo

Si certains sprinteurs comme Caleb Ewan ou Dylan Groenewegen sont réputés pour ne pas bien passer les côtes, d’autres comme Nizzolo ont la côte pour bien passer les difficultés. Pourtant, il n’a pas été à la hauteur de sa réputation aujourd’hui. Alors que le peloton aborde la deuxième ascension répertoriée du jour, la plupart des sprinteurs se laissent lâcher vers le gruppetto. Mais quelle ne fut pas la surprise de Jacky Durand et Steve Chainel de le voir à ce niveau. Sa méforme se confirme dans l’ultime côte répertoriée. Nizzolo fait le yoyo en queue de peloton. Finalement, l’Italien finit bel et bien lâché, alors que des garçons comme Bevin ou Gaviria arrivent à se maintenir en tête de course.

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