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Giro : le baromètre des favoris

Après la première étape de haute montagne, achevée à San Giacomo, ce jeudi, on en sait un peu plus sur la hiérarchie au classement général. Et l’état de forme des différents favoris. État des lieux après six jours de course.

Yates, Bernal, Evenepoel et Bardet ont réussi leur début de Giro.

🔥

Egan Bernal (Ineos)

L’homme fort de cette première semaine du Tour d’Italie. On s’interrogeait sur son niveau, après plus d’un mois sans course, et sur l’état de son dos. On a été vite fixés : le Colombien semble avoir retrouvé son meilleur niveau, celui qui lui a permis de remporter le Tour de France, en 2019. À Sestola, il avait été le premier à suivre l’attaque de Landa, semblant très à l’aise. À San Giacomo, il a confirmé sa grande forme : il fut le seul favori capable d’attaquer dans le final. Evenepoel, Ciccone et Dan Martin ont dû s’accrocher pour garder sa roue. Et Bernal a encore repris du temps sur ses adversaires. 3e du général, à 16 secondes de Valter, il fait forte impression. Le manque de compétition le rattrapera-t-il en troisième semaine ?

Remco Evenepoel (Deceuninck-Quick Step)

Avec Bernal, c’était l’autre inconnue de ce Grand Tour : dans quel état de forme est Remco Evenepoel, après neuf mois sans dossard ? On ne sait pas s’il tiendra ce rythme trois semaines. Mais pour l’instant, le jeune prodige belge (21 ans) réalise un début de Giro idéal. 2e meilleur temps des favoris sur le chrono de Turin (7e), il a effacé le co-leader de la Deceuninck, Joao Almeida, dès l’étape de Sestola – le Portugais a perdu 6’ – pour s’ériger en patron. Et, sur les pentes de San Giacomo, il était au contact des meilleurs. Le voilà 2e du général, à 11 petites secondes de Valter. Mais la route est encore longue pour le Belge. Peut-il vraiment tenir ce rythme ?


🙂

Giulio Ciccone (Trek-Segafredo)

On attendait Vincenzo Nibali chez Trek-Segafredo pour le général. Avec des doutes sur ses capacités à suivre les meilleurs, lui qui a été opéré du poignet mi-avril. Finalement, c’est un deuxième homme qui a surgi : Giulio Ciccone. L’éphémère maillot jaune du Tour de France 2019 est en pleine forme. À Sestola comme à San Giacomo, il était dans la roue de Bernal lorsque les favoris se sont écharpés. Le voilà 8e du général, à 30” d’Evenepoel. Comme Bardet, il paye le temps perdu dans les rues de Turin (à 37” d’Evenepoel). De quoi faire rêver, quand même, les tifosi. Mais le meilleur grimpeur du Giro 2019 tiendra-t-il trois semaines à ce rythme ? Son inexpérience peut jouer contre lui : il n’a jamais été leader sur un Grand Tour.

Dan Martin (Israël Start-Up Nation)

La bonne surprise de cette première semaine. À 34 ans, Dan Martin retrouve ses meilleures jambes. Et ça, on ne l’avait pas pu venir. 4e de la Vuelta l’an passé, il était plutôt décevant jusqu’ici cette saison (15e du Tour des Alpes Maritimes et du Var, 25ème du Tour de Catalogne.) Il avait même chuté sur le Tour des Alpes. L’Irlandais de la Israël Start-Up Nation est en forme au bon moment : lors du Giro. En retrait à Sestola (11 secondes de perdues sur Bernal), il était dans le rythme des meilleurs à San Giacomo. Il intègre le top 10 du général (9e, à 47 secondes de Valter). Comme quoi, ce n’est pas le salaire qui fait les champions chez Israël…

Aleksandr Vlasov (Astana Pro Team)

Un des hommes en forme de cette première semaine. Son Tour des Alpes était un signe : il avait été un des seuls à tenir tête à Simon Yates en montagne (3e du général). Jusqu’ici, sur ce Giro, c’est du bon Vlasov. 11e du chrono de Turin, à cinq petites secondes d’Evenepoel, il fut un des rares à pouvoir suivre l’attaque de Landa à Sestola. À San Giacomo en revanche, ce fut un peu plus compliqué (10e, à 17’’ de Bernal). Le dauphin de Schachmann sur Paris-Nice, désormais 4e du général (à 24’’ de Valter), est sur courant alternatif pour l’instant.

Simon Yates (Team BikeExchange)

Dans ce Giro très ouvert, certains observateurs ont fait de Simon Yates leur favori numéro 1. Mais pour l’instant, le Britannique de la BikeExchange est (un peu) à la peine dans cette première semaine. Déjà incapable de suivre le rythme des meilleurs à Sestola – il avait concédé onze secondes sur Bernal, Ciccone, Vlasov, Landa et Carthy – il a confirmé ses mauvaises sensations à San Giacomo. Il termine dans un troisième groupe, et lâche 17 secondes sur les meilleurs. Et son comportement n’incite pas à l’optimisme : Yates donne l’impression de subir la course. Le vainqueur du Tour des Alpes était-il en forme trop tôt, comme certains le pressentaient ? Pour l’instant, rien d’alarmant (10e du général, à 38” d’Evenepoel).

Hugh Carthy (EF Pro Cycling)

Un début de Giro mitigé pour le Britannique de la EF Pro Cycling. Auteur d’un chrono très moyen dans les rues de Turin (35e, à 19’’ d’Evenepoel), il était avec les meilleurs à Sestola (15e, dans le même temps que Bernal). Ce fut plus compliqué sur les pentes de San Giacomo. Un peu juste dans le final, il a cédé 17 secondes à Bernal et les autres.

Marc Soler (Movistar)

On a souvent reproché à Marc Soler de craquer lorsqu’il était leader sur un Grand Tour. Pour l’instant, l’Espagnol tient plutôt son rang, même s’il est un diesel, montant en puissance au fil des jours. Ce n’est pas une surprise, il a cédé pas mal de temps sur le chrono de Turin (56z, à 23’’ secondes d’Evenepoel). À Sestola, il était à la peine, terminant dans le même groupe que Jai Hindley (31e, à 34 secondes de Bernal). À San Giacomo, en revanche, les jambes étaient bonnes : 8e, il ne cède que 15 secondes à Bernal. Le voilà 6e du général. À suivre.

🥶

Emmanuel Buchmann (Bora-Hansgrohe)

Est-ce une surprise de retrouver Buchmann dans les flops ? Certains le voyaient comme un des outsiders de ce Giro. Mais l’Allemand a donné raison aux sceptiques, pour l’instant. En deux étapes de montagne, il a déjà cédé 1’02 à Bernal. Ajouté à son chrono raté à Turin (104e à 36’’ d’Evenepoel), ça fait beaucoup. Le 4e du Tour 2019 est déjà pointé à 1’29 du Belge au général. Après six étapes.

George Bennett (Jumbo-Visma)


Une nouvelle fois, la Jumbo-Visma ne remportera pas le général d’un Grand Tour. Et, cette fois, elle ne pourra pas parler de malchance ou d’erreur tactique. Seulement de défaillance. Mais n’était-ce pas prévisible ? Bombardé leader de la formation néerlandaise, Georges Bennett avait peu couru cette saison. Et donné peu de garanties (30e de Paris-Nice, à 14’18” de Schachmann ; abandon sur le Tour de Catalogne, alors qu’il était 58e du général). Il n’est pas en forme, et ça se voit. Déjà très loin à Sestola (38e, à environ 1’30 de Bernal), il s’est carrément noyé à San Giacomo, franchissant la ligne avec… 7 minutes de retard sur Bernal (42e). Que peut-il espérer désormais ? Gagner une étape en troisième semaine si les jambes reviennent ?


Romain Bardet (Team DSM)

Le retour en grâce de Romain Bardet sur les Grands Tours. Après ses deux dernières Grandes Boucles ratées (meilleur grimpeur en 2019 mais 15e du général ; abandon en 2020), l’Auvergnat a été critiqué, raillé. Il découvre le Giro pour s’éloigner de la pression populaire de son pays, « se redécouvrir », aussi. Et pour l’instant, la sauce prend plutôt bien avec DSM, sa nouvelle équipe. Venu pour épauler Hindley, il a vité éclipsé l’Australien, se montrant supérieur à lui à Sestola et San Giacomo. Il a même attaqué de loin sur cette première étape de montagne, terminée à 28’’ de Bernal. Une chose est sûre, le Français, 14e au général, est en forme. Quel dommage qu’il ait perdu autant de temps dans le chrono de Turin… (91e à 32’’ d’Evenepoel).

One thought on “Giro : le baromètre des favoris

  1. J’aime assez vos commentaires mais il serait intéressant d’avoir également les classements complets étapes et général…..

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