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La Cambodia Cycling Academy de retour aux affaires ?

Après des mois d’attente et de tourmente, la Cambodia Cycling Academy a réussi à valider sa licence UCI. Même si tout n’est pas réglé au sein de l’équipe, l’espoir de courir à nouveau renaît.

Après plusieurs semaines de tourmente, Cambodia Cycling Academy dispose enfin d’une licence UCI Continentale. (Sirotti)


L’équipe Cambodia Cycling Academy a été sous le feu des critiques depuis le début de l’année. Selon des informations d’Eurosport, la formation aurait connu plusieurs dysfonctionnements. Ce qui a ralenti, mais n’a pas empêché aujourd’hui l’équipe de Samy Aurignac d’obtenir (enfin) sa licence continentale de la part de l’UCI. « Ça soulage », explique le kiné de l’équipe, Théo Sanchez.

Communiqué de la Cambodia Cycling Academy stipulant de l’obtention de la licence UCI Continental. (Facebook Cambodia Cycling Academy)

D’autant que, de l’intérieur, la pression devenait intenable. « L’équipe reçoit des invitations pour des courses, et d’autres seront encore à confirmer une fois la licence validée ». Car depuis l’Étoile de Bessèges, l’équipe n’a pu prendre part à aucune autre course. Seul Christopher Lamaille, le sprinteur guadeloupéen, a réussi à poursuivre la compétition. « Il a pu participer à une course amateur », explique Théo Sanchez, « mais sous la bannière de deux équipes : une amateur, et bien sûr, la Cambodia Cycling Academy ». On le comprend donc : sans courir, difficile de faire vivre une équipe.


La fuite des talents

Une équipe qui ne peut pas courir, c’est comme un vélo sans roue : ça ne peut pas fonctionner. Bien qu’heureux d’avoir participé à l’Étoile de Bessèges, de nombreux coureurs de la Cambodia Cycling Academy n’ont pas eu d’autre choix que de quitter le navire. « Je pense que c’était beaucoup de stress de ne pas avoir de réponse de l’UCI », confirme le kinésithérapeute.

Après des mois d'attente, la Cambodia Cycling Academy décroche enfin le Graal : une licence continental UCI. Théo Sanchez, le kinésithérapeute de l'équipe, nous plonge en immersion au sein de l'équipe durant cette longue période d'attente, partagée entre crainte et espoir.
Antoine Berlin, ancien coureur de la Cambodia Cycling Academy, le pied à terre dans le mur de Bellegarde lors de la première étape de l’Étoile de Bessèges. (@samibauguil12)

Sur les 5 coureurs « têtes d’affiche » présents sur l’Étoile de Bessèges, seuls 2 sont encore au sein de l’équipe. Johan le Bon, ex-coureur de B&B Hotels, a préféré poursuivre dans le monde amateur, en signant au Dinan Sport Cycling. Antoine Berlin, le malheureux s’étant retrouvé à pied dans le mur de Bellegarde lors de la première étape de l’Étoile de Bessèges, a finalement choisi de rejoindre une autre équipe Continentale, la Global 6 Cycling. Enfin, Barry Miller, le coureur américain, s’est dirigé vers la CCN Metalac Sunbelt. Seuls Samy Aurignac, le fondateur de l’équipe, et Christopher Lamaille sont restés fidèles au poste.

L’ambiance générale

Des nombreux revers qui n’ont pas mis à mal la volonté du staff de continuer : « Personnellement je suis un peu triste du départ des gars, je les ai beaucoup appréciés. Il n’y a aucune rancœur envers personne, c’est leur choix, c’est dommage mais on accepte. Et au plaisir de les recroiser sur des courses ou même en dehors », raconte Théo Sanchez.

Le cuissard “noir et or” de la Cambodia Cycling Academy, que l’on retrouvera à nouveaux sur les routes du circuit UCI Européen. (@samibauguil12)

Mais les différentes enquêtes sorties dans la presse ont évidemment largement influé sur l’équipe. Mais de l’intérieur, on réfute les différentes allégations. « Ce n’est pas une question d’ambiance , témoigne Théo Sanchez. Sur l’Étoile, tout s’est super bien passé. Je pense que si on demande aux coureurs, ils diront qu’ils ont été plutôt contents de leur expérience au sein de l’équipe. Selon moi, c’est l’UCI qui est responsable de ces départs ».

Et notamment celui qui devait être la tête de gondole de la formation cambodgienne, Davide Rebellin. « Pour Rebellin, on est forcément déçu. Il aurait pu être un soutien de poids face à tous ces problèmes. Ça aurait été vraiment bien qu’il vienne sur le stage de préparation de Bessèges. Pour qu’il voit, de ses propres yeux, que ça se passait très bien ».

Et pour la suite…

Maintenant que la Cambodia Cycling Academy dispose d’une licence UCI, un retour aux affaires s’annonce. Désormais, on voit des jours meilleurs du côté de l’équipe asiatique. « Tout ça fait partie du sport », confirme le kiné. Malgré tout, les comptes avec l’UCI ne sont pas réglés. « Nous étions censés faire Belgrade-Banjaluka », explique le professionnel de santé. Mais la course se déroulait du 22 au 25 avril, et l’organisateur autorisait les inscriptions jusqu’au 19 avril. Or, la licence n’a été validée que le 20 avril. « Je pense personnellement que l’UCI a fait exprès de la valider pile trop tard pour qu’on ne puisse pas y aller », avoue Théo Sanchez.

Samy Aurignac (à gauche) et Christopher Lamaille (au centre), les deux seuls rescapés de l’Étoile de Bessèges, auront à coeur de se retrouver sur les prochaines courses. (Sirotti)

Maintenant que la licence est validée, la Cambodia Cycling Academy peut enfin se tourner vers l’avenir « En plus de Banjaluka, nous avons reçu des invitations pour le Tour d’Autriche et le Tour de Guadeloupe », affirme le kiné. « Nous avons aussi prévu des courses en Asie et en Afrique, mais pour celles-ci, c’est sous réserve du Covid-19 ». Il faudra donc encore attendre, pour voir la formation noire de nouveau courir chez les professionnels en 2021. En attendant, peut-être, de nouveaux rebondissements.

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