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Le Tour de France retrouve enfin son public

C’est un peu le Tour de France du renouveau : cette année, la Grande Boucle retrouve enfin son public, sa dimension populaire. Et, qui plus est, en Bretagne, terre de cyclisme par excellence. Malgré les restrictions, les coureurs se réjouissent de ce retour (presque) à la normale.

Voila le genre d’images qu’on aime voir dans le cyclisme : des supporters prêts à tout pour montrer leur passion. Ici entre Lourdes et Laruns, sur le Tour de France 2018. (ASO)

Le cyclisme sans public ? Voilà une chose qu’on ne pensait jamais voir un jour. L’idée n’avait d’ailleurs sûrement jamais traverser l’esprit des observateurs, tant le lien est fort entre spectateurs et coureurs. Le public, c’est l’essence même de la petite reine, de sa dimension populaire : celui qui peut transcender un coureur dans un col, voire même le faire renaître de ses cendres alors qu’il était à la dérive ; celui sans qui la caravane publicitaire n’aurait plus dans de sens, capable de faire 100 km pour tenter d’attraper un bob Cochonou ; et qui est parfois prêt à tout pour encourager un coureur, quitte à le faire tomber par excès de passion, comme lorsque Giuseppe Guerini est renversé dans l’Alpe d’Huez, lors du Tour 1999, par un fan imprudent.

On imaginait donc encore moins un col déserté de tout encouragement, d’un drapeau. D’un cyclo ayant grimpé le Tourmalet jusqu’au sommet pour quelques secondes d’ivresse. Non, ce serait de la fiction.

Steven Kruijswijk dans l’Alpe d’Huez, lors du Tour de France 2018. (ASO)

Et pourtant. L’impensable s’est produit l’an dernier : vaincu par un virus plus fort que son prestige, le Tour de France s’est privé de ce public. La Grande Boucle a encore innovée, mais dans le mauvais sens cette fois : en s’offrant une toute première édition à huis clos. Alors, forcément, les coureurs se réjouissent de son retour. La présence du public était dans toutes les bouches, hier, lors de la présentation des équipes au parc des expositions de Brest.

« Le Tour de France et le public, c’est indissociable »

« Le Tour de France et le public, c’est indissociable, affirme Pierre Rolland, leader de la B&B Hôtels. L’an dernier, le Grand Colombier dans le silence, c’était très particulier. On est contents de retrouver un brin de normalité. » Bien sûr, cette 108e édition ne sera pas (totalement) le retour à la vie d’avant. Lors des quatre étapes bretonnes, le public devra s’armer d’un pass sanitaire pour accéder aux zones de départ et d’arrivée. Il y aura toujours des masques. Et des jauges. Pour revoir le Mûr de Bretagne en liesse, noir de monde, il faudra donc repasser. Mais l’essentiel est là : avec le retour des spectateurs, le Tour retrouve la vie. Et les coureurs, leur supplément d’âme.

« Le vélo, c’est trop dur pour pouvoir le faire dans le silence. Il faut qu’on se fasse soutenir, applaudir, surtout dans les cols. »

Pierre Rolland, coureur de B&B Hôtels

Warren Barguil (Arkéa-Samsic), qui court sur ses terres, s’attend à ce que « son » public pousse derrière lui, sur des routes qu’il connaît par coeur. « C’est quand même un peu timide le public ce soir. La Bretagne aurait pu nous offrir bien plus hors temps de Covid ! regrette de son côté Benoit Cosnefroy, le puncheur d’AGR2 Citroën-Team. Mais ce week-end, ce sera vraiment une belle fête. Beaucoup de familles viendront nous voir. »

Le froid, la pluie… Les spectateurs de la petite reine sont prêts à tout pour encourager les coureurs. Ici dans la montée vers Foix Prat d’Albis, lors du Tour de France 2019. (ASO)

Avoir choisi la Bretagne pour le retour du public sur le Tour est un symbole fort. La Bretagne est une des terres de cyclisme par excellence : ça aurait été presque une insulte de la priver des coureurs, elle qui a tant donné au vélo. Et qui a encore tant à donner.

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