Mon Peloton

Le média cyclisme qui te fait changer de braquet

Liège-Bastogne-Liège : Pogacar plus fort qu’Alaphilippe

Tadej Pogacar était le plus fort sur Liège-Bastogne-Liège. Au terme d’une Doyenne très spectaculaire, le jeune slovène (22 ans) a sauté Julian Alaphilippe sur la ligne. Gaudu est 3e et Valverde 4e, à 41 ans.

Cette fois, Julian Alaphilippe n’a pas fait d’erreur dans le sprint. Mais Pogacar était plus fort. (Sirotti)


La course : un Liège-Bastogne-Liège très spectaculaire

C’est le rendez-vous des géants, des très grands. Des maestro de la Petite Reine. Ce dimanche, c’est l’heure de Liège-Bastogne-Liège, la reine des classiques ardennaises. Un Monument dont les organisateurs ont chamboulé le final, en 2019, pour tenter de casser les scénarios de courses cadenassées, devenus une habitude à Liège ces dernières années. Il faut donc anticiper davantage, avec la Roche-aux-Faucons comme dernière rampe de lancement, à 15 km de l’arrivée. Et nouveau juge de paix de la Classique.

En début de course, le scénario est assez classique : une échappée prend ses distances. Cette année, on était pressé dans le peloton. Le bon coup part dès le premier kilomètre. Ils sont sept en tête : Laurens Huys, Mathijs Paasschens (Bingoal Pauweles), Loïc Vliegen, Lorenzo Rota (Intermarché-Wanty Gobert), Sergei Chernetskii (Gazprom-RusVelo), Tomasz Marczynski (Lotto-Soudal) et Aaron Van Poucke (Sport Vlaanderen-Baloise). Ils compteront jusqu’à 10’30 d’avance.

Les impertinents du peloton refusent de subir

Un écart qui va s’amenuiser, sous l’impulsion des Deceuninck-Quick Step, Jumbo-Visma et UAE notamment. Il n’est plus que de cinq minutes à 100 km de l’arrivée. Il se stabilisera longtemps aux alentours des quatre minutes. On s’attend alors, une nouvelle fois, à une course cadenassée, avec des favoris se neutralisant jusqu’à la Roche-aux-Faucons. Comme une lente procession.

Mais dans le peloton, certains refusent de subir. Et tentent d’anticiper. Luis Leon Sanchez (Astana Premier Tech), le premier de cordée, lance les hostilités de très loin, dans la côte de Wanne, à 83 km de l’arrivée. Directement suivi par un autre Astana, Omar Fraile.

Philippe Gilbert (Lotto-Soudal) l’imite dix kilomètres plus tard, dans la côte de Stockeu. Mais, à chaque fois, ils trouvent un Deceuninck-Quick Step dans leur sillage pour annihiler leurs offensives. Greg Van Avermaet (AG2R-Citroën Team), parti dans la plaine, à 72 km de Liège, n’a pas plus de réussite.

Mais les impertinents du peloton n’abdiquent pas pour autant. Rémy Rochas (Cofidis) accélère violemment dans le col du Rosier, éparpillant le peloton, en file indienne à 65 bornes de l’arrivée. Un petit groupe parvient à s’isoler, comprenant notamment Tim Wellens (Lotto-Soudal) et Guillaume Martin, un autre Cofidis. Mais rien à faire, les équipes des favoris ramènent sans cesse le peloton. Alors, on envoie les équipiers au front. Aaron Vanhoucke (Lotto-Soudal), Mark Padun (Bahrain Victorious) et Mark Donovan (DSM) partent en contre à un peu moins de 60 kilomètres de l’arrivée.

Ineos fait tout péter dans La Redoute

Ce Liège-Bastogne-Liège prend une autre tournure lorsque les Deceuninck-Quick Step accélèrent en tête du peloton, à 44 km du but. À quelques kilomètres seulement du pied de La Redoute, le peloton maigrit à vue d’œil. Et l’avance des échappés fond : plus qu’une 1’50 à 36 kilomètres du but.

Les Ineos accélèrent à leur tour dans La Redoute, montée à un rythme supersonique. Et provoquent une grosse sélection. Derrière les quatre Ineos, ils ne sont pas nombreux à pouvoir suivre. Une petite dizaine de coureurs s’isole, dont Primoz Roglic, Alejandro Valverde et Tadej Pogacar. Alaphilippe et Gaudu, notamment, sont piégés. La Deceuninck est obligée de rouler pour ramener le champion du Monde. Un coup d’épée dans l’eau, finalement : le deuxième peloton fait la jonction quelques kilomètres plus tard. Mais une indication sur l’état de forme des favoris. Alaphilippe serait-il un ton en dessous de ses adversaires ?

Ensuite, les Ineos poursuivent leur stratégie de harcèlement, en plaçant une nouvelle offensive dans la côte des Forges. Provoquant une nouvelle sélection. Cette fois, c’est Roglic, Valverde et les Astana de Fuglsang qui sont piégés. Et Ineos décoche une nouvelle flèche dans la plaine. Après Yates et Kwiatkowski, cette fois, c’est Carapaz qui tente sa chance, à 6 kilomètres de la Roche-aux-Faucons. Derrière, nouveau regroupement entre les favoris. Ils sont encore une quarantaine dans le peloton.

Un quinté de tête, Ineos et Roglic piégés

Une fois de plus, c’est donc dans La Roche-aux-Faucons (1,3km à 11 %) que se fera la décision. À quelques mètres du sommet, Michael Woods place une violente attaque et fait une nouvelle fois la sélection. Seuls Valverde, Pogacar, Julian Alaphilippe et David Gaudu peuvent prendre sa roue. Derrière, les coureurs piégés, les Ineos et Roglic, entre autres, peinent à allier leurs efforts.

Ce sera donc un sprint à cinq. Intrinsèquement, Valverde et Alaphilippe semblent les plus rapides. Mais après une course usante de 259 kilomètres, les cartes sont rebattues. Le champion du Monde y croit, mais il est sauté sur la ligne par Tadej Pogacar, parfaitement placé dans le sprint final où le vent soufflait de face. Gaudu est 3e, Valverde 4e, le jour de ses 41 ans.


La décla :

« Je n’ai pas de mots. J’adore cette course. Je voulais vraiment gagner ici. C’est incroyable, en plus en battant Alaphilippe. Je vis un rêve cycliste ».

Tadej Pogacar au micro de Liège-Bastogne-Liège.


Le chiffre :

7

Tadej Pogacar est le 7e coureur ayant gagné Liège-Bastogne-Liège et le Tour de France au cours de leur carrière. Léon Scieur, Ferdi Kübler, Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Andy Schleck l’ont fait avant lui.


Le classement :


4 thoughts on “Liège-Bastogne-Liège : Pogacar plus fort qu’Alaphilippe

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *