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Lopez, des origines à la Movistar

Miguel Angel Lopez, MAL, Superman… Appelez-le comme bon vous semble. Toujours est-il que le grimpeur colombien d’Astana s’en va vers d’autres horizons en 2021. La Movistar comme destination pour Lopez, est-ce un choix logique ? Une erreur

Miguel Angel Lopez vainqueur au sommet du Col de la Loze en septembre dernier sur le Tour de France (Crédit : A.S.O/Pauline Ballet)


Miguel Angel Lopez est un habitué du peloton. Presque un vieux briscard. Dans son style caractéristique, le jeune colombien s’est fait un nom très tôt dans le peloton professionnel. L’apprentissage a été rapide…pourtant nous ne sommes qu’à l’aube de ses 27 ans. Mais si Lopez a montré très tôt ses aptitudes en montagne…depuis deux saisons, il semble stagner. Revers de bâton ou simple besoin de changer d’air pour se relancer ?


Le Tour de l’Avenir comme détonateur

Petit retour en arrière. A 20 ans, il remporte le Tour de l’Avenir 2014 avec le maillot de l’équipe nationale de Colombie. Cette année là, il devance des noms bien connus désormais : Tao Geoghegan Hart, Emmanuel Buchmann ou encore Pierre Latour. Suffisant pour convaincre les recruteurs d’Alexandre Vinokourov… qui le suivaient déjà depuis quelques temps. 

2015 marque donc le saut dans le grand bain pour Miguel Angel Lopez. Pour sa première année professionnelle chez Astana à seulement 21 ans, il révèle son potentiel sur des courses comme les Tours de Burgos et de Suisse.

C’est en 2016 qu’il va confirmer son talent en reportant, devant les cadors du World Tour, Milan Turin et le Tour de Suisse. Excusez du peu… 

Pendant que son compatriote colombien Esteban Chaves (26 ans) réalise un formidable doublé sur les podiums de Grand Tour (2ème du Giro et 3ème de La Vuelta), Lopez lui abandonne sur sa première participation à une course de trois semaines, sur cette même Vuelta. Sait-il à ce moment qu’il sera en mesure, 2 ans plus tard, d’imiter les performances de Chaves ?

La Vuelta, tiens… retournons-y un an après. A 23 ans, Lopez termine son premier Grand Tour à la 8ème place. Lors de ce Tour d’Espagne 2017 explosif, le Colombien trouve une physionomie de course qui convient parfaitement à ses qualités d’attaquant. A travers ses accélérations incisives et tranchantes, il remporte deux victoires d’étape (+ une deuxième place). Sans pouvoir « truster » le podium final cette année là, il vient bousculer les schémas établis des grands leaders. Un vent de fraicheur souffle parmi les favoris. Et c’est agréable.


2018, l’année du déclic

Jusqu’aujourd’hui, la saison 2018 reste la référence de Superman Lopez. A 24 ans, il réalise une année de haute volée qui l’a vu jouer les premiers rôles sur bon nombre d’épreuves. Il marque de son empreinte les courses auxquelles il s’aligne… sans toutefois remporter beaucoup d’étapes. Pour le colombien, 2018 reste l’année des podiums : Tour de Burgos (2ème), Tour d’Oman (2ème), Tour des Alpes (3ème), Tour d’Abu Dhabi (3ème).

Mais les performances XXL de Lopez cette saison restent les Grands Tours. A l’instar d’Esteban Chaves en 2016, il monte lui aussi sur la « boîte » du Giro (3ème) et de La Vuelta (3ème).

Une saison très solide qui place le coureur d’Astana parmi les tous meilleurs coureurs de courses par étapes. Il est aussi à l’aise sur les épreuves d’une semaine que de trois semaines. L’avenir lui prédit une victoire sur le général d’un Grand Tour.

On ne change pas une équipe qui gagne… On ne change donc pas une préparation qui fonctionne. En 2019, rebelote pour doubler le Giro et La Vuelta (pendant que Fuglsang s’attaque encore au classement du Tour de France).

Cette année là, MAL semble moins tranchant et plus inconstant dans ses efforts. La constance étant la clé de la réussite sur les Grands Tours, ses performances sont moindres. Il intègre tout de même les Top 10 en Italie (7ème) et en Espagne (5ème). Il remporte également le solide Tour de Catalogne, souvent relevé. 


Premiers pas sur le Tour

A 26 ans, il est désormais temps de découvrir le MUST… Le Tour de France. Et bien c’est chose faite en 2020, lors de cette année si particulière. Après six participations sur des épreuves de trois semaines, le Colombien est prêt… et affûté pour amener l’équipe kazakhstanaise vers les sommets. MAL joue malheureusement un ton en dessous des favoris sur ce TDF et termine sixième du général sans jamais avoir véritablement pesé sur la course. En meilleur forme en troisième semaine, il remporte tout de même l’étape phare au somment du Col de la Loze, là où les hauteurs lui donnent des ailes.

Cinquième sur le Dauphiné quelques semaines auparavant, Lopez est en retrait en 2020… Un peu comme la formation Astana d’ailleurs. Il quittera les siens sur une terrible chute lors du chrono inaugural du Tour d’Italie en Sicile. Bye Bye Astana après 6 années bien remplies, place à la Movistar.

Les équipes qui empilent les leaders deviennent courantes. Ineos Grenadiers, Jumbo VismaMovistar suit la même direction. Attention, il y a cependant une galaxie d’écart avec les deux premières citées, soyons précis. Le transfert du Colombien a fait jaser. Que va-t-il faire dans cette équipe espagnole aux stratégies parfois douteuses ? Est-ce une évolution de carrière ou un frein ? 

Du point de vue de la Movistar, ce transfert s’avère cohérent. Sportivement, elle prépare « l’après Valverde ». Et pour cela, il faut miser sur des talents. Historiquement, l’équipe Movistar s’est forgée une renommée, un palmarès et une expertise sur les Grands Tours.

Dans cette continuité, la formation de Eusebio Unzue a conservé Marc Soler et enrôlé le prometteur coureur Enric Mas en 2020. Afin d’assurer une présence qualitative sur les trois Tours (Italie, France, Espagne), il est logique d’intégrer des coureurs capables de rivaliser avec les meilleurs. Valverde sur le déclin au niveau des classements généraux, Soler, Mas et désormais Lopez assureront désormais cette mission. 

Attention cependant : aligner un tel trio sur un Grand Tour sans hiérarchie claire, peut provoquer des remous. L’expérience des années précédentes en est la meilleure preuve.

Lopez, un coup de com’ avant tout ?


En termes marketing, l’arrivée de MAL au sein de la Movistar est une bonne chose. La formation possède une forte connotation espagnole, bien sûr, mais également sud-américaine. L’opérateur téléphonique est très présent outre-Atlantique. La victoire de Carapaz sur le Giro 2019 a propulsé le coureur équatorien en haut de l’affiche dans son pays, tel un véritable héros. Tout bon pour le business. Le marché de la téléphonie est assez colossal en Amérique latine.

Avec ce recrutement pour l’unique saison 2021, la Movistar peut de nouveau briller dans toute cette partie du monde, où les sportifs et leurs exploits sont sacralisés. Et donc atteindre plus facilement des objectifs commerciaux avec un message, une égérie, une star : Superman Lopez.

Ainsi, l’arrivée du coureur colombien peut – sportivement – interpeler tant les tactiques des Movistar ont parfois pu compromettre (ou ruiner) des performances d’équipes cohérentes. Mais Lopez offre une très belle opportunité à la marque de véhiculer son image commerciale en touchant l’affect, la passion, l’émotion.

Alors oui, nous sommes impatients de découvrir MAL sous son nouveau maillot. Oui nous aimerions voir une équipe contester la domination des Jumbo Visma et de INEOS. Et oui, nous aimerions voir Lopez soulever les foules en Colombie… Provoquer cette ferveur populaire si caractéristique de l’Amérique latine.


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