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Mark Padun, vraiment un ovni ?

Vainqueur des deux dernières étapes montagneuses du Critérium du Dauphiné, Mark Padun a soulevé quelques interrogations. Pourtant, l’Ukrainien ne sort pas de nulle part.

La joie de Mark Padun après sa deuxième victoire. (Sirotti)

Aux Gets, ville d’arrivée de la 8e étape du Critérium du Dauphiné, sur la ligne c’était un peu la consternation. L’Ukrainien venait de faire un sacré numéro, le lendemain d’une victoire déjà, avec la manière. En plus de lever les bras une nouvelle fois, le coureur de la Bahrain-Victorious venait de passer tout près de battre le record d’ascension de Joux-Plane de Marco Pantani (34’53 contre 34’20). Guillaume Martin, présent avec lui quelques temps dans la montée, ne pouvait que s’incliner : « Quand il a attaqué, on l’a tous regardé partir. Il faut bien des vainqueurs. Il y en a qui sont toujours plus forts que d’autres et je préfère ne pas réagir à cela ».

Des performances qui ont aussi surpris d’autres grimpeurs du peloton. Pourtant de la même génération, David Gaudu ne s’y attendait pas : « C’est surprenant de le voir sortir du chapeau ces deux derniers jours. Mais c’est peut-être son moment de sa carrière ».


Une perte de poids

Mark Padun s’est cru dans un rêve sur le Dauphiné. (Sirotti)

Il est vrai que Mark Padun était intouchable ce week-end. Même les favoris ne montaient pas plus vite que lui ce dimanche. Un sentiment de toute puissance et un déclic pour lui : « Ma victoire d’hier m’a enlevé beaucoup d’adrénaline et de stress. Je ne me suis jamais senti aussi bien sur le vélo. Physiquement j’ai souffert, mais mentalement j’étais très bien. Je suis un jeune coureur, j’ai eu beaucoup de problèmes de poids dans le passé. Mais depuis le dernier camp en altitude, j’ai de très bonnes jambes ».

Celui qui a attaqué hier pour « pouvoir passer à la télé pour sa mère » a en effet eu une belle métamorphose cette saison. A l’image d’un Marc Hirschi l’an dernier, il a lui aussi perdu beaucoup de poids (4 kilos) en ce début de saison.

Une méthode radicale qui en a fait sourire quelques-uns à l’arrivée. « Si c’est ça je vais aussi me mettre au régime pour grimper plus vite. Il a fait un week-end impressionnant. On verra dans la continuité. Mais si je suis son équipe, je le garde au frais pour lui faire jouer le général » déclare Julien Jurdie, le directeur sportif d’AG2R Citroën.


Déjà performant chez les jeunes

Mark Padun avait quelques kilos en trop lors des Mondiaux d’Innsbruck 2018. (Sirotti)

Il est vrai qu’avant la montagne, le grimpeur de 24 ans avait perdu énormément de temps. Plus de 30 minutes avant d’aborder la 7e étape. Si jamais il n’a été aussi fort que ce week-end, Mark Padun n’est pas non plus le perdreau de l’année.

Aurélien Paret-Peintre, lui aussi issu de la même génération, se souvient au micro de RMC : « Moi, je ne suis pas surpris. J’ai souvenir d’un joli numéro sur les Mondiaux d’Innsbruck et sur le Tour des Alpes. C’était un coureur déjà très performant chez les jeunes ».

Le coureur d’AG2R Citroën a une bonne mémoire. Dans les catégories inférieures, Mark Padun se montre déjà bien en évidence. En 2018, il termine cinquième des mondiaux espoirs 2018, pas très loin du vainqueur Marc Hirschi, mais surtout devant Tadej Pogacar.


Premier succès pro avant la confirmation

Padun lors de sa victoire sur le Tour des Alpes 2018 (Sirotti).

Il confirme ensuite dès sa première année professionnelle. Sur le Tour des Alpes, il s’offre à la pédale, une belle étape de montagne. Devançant George Bennett, Giulio Ciccone, Ben O’Connor mais aussi le groupe de favoris dont Thibaut Pinot ou encore Chris Froome faisaient partie.

Sur les Grands Tours, il passe plusieurs fois tout près d’un succès de prestige. Dès la Vuelta 2018, Padun est à la bagarre pour une victoire, mais se fait battre au sprint par Alexandre Geniez lors de la 12e étape. Il n’a alors qu’un peu plus de 22 ans. Puis rebelote sur le Giro 2020, où cette fois-ci c’est devant Jhonatan Narvaez qu’il doit s’incliner.

Sur ce Critérium du Dauphiné, il n’y avait cette fois-ci personne pour lui barrer la route. Mark Padun s’ouvre maintenant la voie à une première participation pour le Tour de France. Il pourrait être un équipier utile à Mikel Landa en montagne. Et pourquoi pas jouer sa carte ?

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