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Milan – San Remo : Pourquoi la Primavera a été décevante

Alors qu’un feu d’artifice était attendu dans les 20 derniers kilomètres de Milan – San Remo, le premier Monument de la saison cycliste a finalement accouché d’une souris… Et ce pour trois raisons.

Jasper Stuyven vainqueur surprise de Milan – San Remo (Photo : Sirotti)


Parce que le spectacle n’a pas été au rendez-vous


La plus longue classique de l’année n’a jamais aussi bien porté son nom. 299 kilomètres entre Milan et San Remo, c’est long. Très long quand le spectacle tant attendu n’est finalement pas au rendez-vous. Et pourtant, les meilleurs coureurs mondiaux n’ont pas traîné en route, puisque Jasper Stuyven (Trek – Segafredo), le vainqueur surprise, a coupé la ligne en 6 heures, 38 minutes et 6 secondes. Avec une moyenne de 45,064 km/h, cette édition 2021 est même la troisième la plus rapide de l’histoire, après celle de 1990 (45,806 km/h, victoire de Gianni Bugno) et 2006 (45,268 km/h, succès de Filippo Pozzato). Une cuvée bue à toute allure, grâce à un bon vent de dos. Car même si le final a été rapide, Van Aert égalant par exemple le record sur les 27 derniers kilomètres de course, de la Cipressa à la Via Roma, avec un temps de 35’20’’, comme Michal Kwiatkowski en 2017, selon Strava, les attaques se sont fait attendre.

Un très long samedi entre Milan et San Remo… (Photo : Sirotti)


Alors qu’un premier écrémage était annoncé dès la Cipressa, les trains de la Jumbo-Visma puis d’INEOS Grenadiers ont anéanti toutes les velléités… Jusqu’à 6,5 kilomètres de la ligne, quand Julian Alaphilippe a dégainé le premier. Un coup d’épée dans l’eau. Vu qu’au final, seul Jasper Stuyven a pimenté La Classicissima. En sortant au bon moment, dans le bas de la descente du Poggio (à 2,4 bornes du but), avant de résister jusqu’au bout au groupe des favoris. Un scénario pour le moins décevant…


Parce que les grands favoris se sont enterrés


Avant le départ de ce MSR, Mathieu Van der Poel (Alpecin-Fenix), Wout Van Aert (Team Jumbo-Visma) et Julian Alaphilippe (Deceuninck – Quick Step) étaient présentés comme les épouvantails, surtout après un Tirreno-Adriatico impressionnant. Mais hormis le Belge, qui a terminé sur le podium dans la roue de son compatriote vainqueur, aucun des trois monstres n’a fait le résultat escompté.

Wout Van Aert, le seul des trois favoris qui a réussi sa journée (Photo : Sirotti)


Si le champion du Monde s’est montré, en attaquant dans le Poggio puis en ramenant un peu le peloton sur le duo de tête dans le dernier kilomètre, le champion des Pays-Bas a, lui, déçu pour sa deuxième participation à Milan – San Remo. Attendu comme le favori numéro un, il n’a jamais pesé sur la course avant de finir cinquième, derrière Ewan ou Sagan. Pas franchement reluisant, deux semaines après sa démonstration de force sur les Strade Bianche. Dans tous les cas, le trio Van der Poel – Van Aert – Alaphilippe aura l’opportunité de se racheter sur le Tour des Flandres en avril prochain. Mais en attendant, les amoureux du vélo restent un peu sur leur faim…


Parce que les Français ont déçu


Avant le premier Monument de la saison, plusieurs coureurs français avaient un statut d’outsider. Ils avaient d’ailleurs un rang à tenir, vu que la France était la seule nation à avoir placé un coureur sur les cinq derniers podiums de la Primavera. En début de semaine, Mon Peloton avait même constitué un Top 5 des chances tricolores sur ce Milan – San Remo, avec Alaphilippe, Démare, Laporte, Bouhanni ou Bardet. Sauf qu’au final, le premier Français est… Anthony Turgis. Pas vraiment une surprise quand on voit le niveau affiché par le leader du Team Total Direct Energie depuis quelques mois (2e de Kuurne – Bruxelles – Kuurne, 4e du Tour des Flandres en 2020).

Jasper Stuyven a surpris les favoris à l'arrivée de Milan - San Remo
Un podium sans Français sur Milan – San Remo, une première depuis 2015 (Photo : Sirotti)


Mais pour le reste, les Français ont clairement été relégués au second plan. Hormis le champion du Monde, qui a tenté le coup à deux reprises dans le final avant de finir à une anecdotique 16e place, avant-dernier du groupe de tête, les autres leaders français ont terminé dans le deuxième peloton. À six secondes de Stuyven, Bouhanni a coupé la ligne au 19e rang, juste derrière Giacomo Nizzolo (Team Qhubeka ASSOS). Laporte (22e), Démare (26e), Bardet (27e) et Simon (29e) ont fini encore un peu plus loin dans ce groupe des battus. Une déception de plus pour les Français en ce début de saison…

3 thoughts on “Milan – San Remo : Pourquoi la Primavera a été décevante

  1. Cher monpeloton,

    Comment peut-on faire d’un point de vue subjectif qqchose de général ?? ça ne veut rien dire que ce MSR a été décevant, et encore pire d’essayer d’expliquer « pourquoi » 😂

    Je suis supporter de Stuyven > je suis content
    Je suis supporter de MVDP > je suis déçu

    Je m’attendais à ce qu’un des 3 fantastiques gagnent > je suis déçu
    Je m’attendais à rien, ou à une surprise > je suis content

    C’est simple non ?

  2. Pourquoi décevante ? Nous savons tous que rien ne se passe sur Milan-San Remo avant la montée du Poggio mais également dans sa descente et ce , malgré les 300 km au programme. Tout le monde s’attendait peut-être trop à une explication (encore une) entre les 3 favoris désignés La montée s est faite à une allure très soutenue (une des plus rapide de l’histoire) par les INEOS et finalement, peut-être contre toute attente, de nombreux coureurs étaient encore bien présents et très en forme. Il fallait être fin stratège pour tirer son épingle du jeu, oser…Le final a été palpitant et franchement chapeau au vainqueur qui donne des perspectives à tous les autres coureurs qui ne font pas partie, actuellement, d’un cercle très restreint de coureurs qui peuvent gagner.

  3. il me semble que le parcours “covid” de 2020 était plus intéressant, la course avait commencé à bouger plus tôt.

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