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Top 5 – Les légendes qui n’ont pas fait la saison de trop

Comme Alejandro Valverde, dont les Jeux Olympiques de Tokyo pourraient être le dernier défi, à 41 ans, et Chris Froome, qui vise un cinquième Tour de France victorieux, d’autres grands noms, avant eux, ont tenté de finir leur carrière en beauté. Et sont sortis par la grande porte. Notre Top 5 années 2000.

Combien d’athlètes de très haut niveau rêvent d’achever leur carrière sur une victoire de prestige ? Lui l’a fait. En partant sur un cinquième titre olympique, à Rio, en 2016, Bradley Wiggins rentre (encore) un peu plus dans l’histoire.

5. Tom Boonen (2002-2017)

À un boyau près, Tom Boonen (à gauche) réussit la fin de carrière parfaite : un cinquième Paris-Roubaix historique, dépassant Roger de Vlaeminck. Mais ce jour d’avril 2016, Mathew Hayman grille la politesse au seigneur des pavés. Le jour de gloire de ce gregario. (Sirotti)

En 2016, Tom Boonen est sur la pente déclinante. Qu’elle semble loin cette saison 2012 exceptionnelle, l’apogée de sa carrière, marquée par un quadruplé retentissant : Gand-Wevelgem – Grand Prix E3 – Tour des Flandres – Paris Roubaix. Depuis, il enchaîne les saisons décevantes.

Jusqu’au sursaut d’orgueil, en 2016. Après une campagne de classiques ratée – toujours au-delà de la 10e place – et une 15e place sur le Tour des Flandres, Tom Bonnen redevient lui-même sur un Paris-Roubaix qu’il domine avec ses équipiers de l’Etixx-Quick Step. Cancellara et Sagan distancés, la voie semble ouverte pour un jour historique : un cinquième succès inédit sur les routes de l’Enfer du Nord.

Privé d’un cinquième Paris-Roubaix historique par un Australien que personne n’attendait

Mais le miracle n’a pas lieu. “Tornado Tom”, 36 ans, qui n’a plus ses meilleures jambes, s’incline au sprint face à la surprise du jour, l’Australien Mathew Hayman. Quelques mois plus tard, l’histoire se répète : le Belge passe à deux doigts d’une dernière victoire de prestige, aux championnats du monde de Doha. Cette fois, il est battu par deux ténors du sprint, Peter Sagan et Mark Cavendish. Sagan, 26 ans, Boonen, 36 ans. Comme un passage de témoins.


Enorgueilli de cette dernière saison réussie, il s’offre une pige de quatre mois, en 2017, jusqu’à Paris-Roubaix. Acteur de la course, il ne parvient à prendre le bon coup, et termine hors du top 10 (13e). Entre temps, il décroche sa dernière victoire, sur le Tour de San Juan – la 149e de sa carrière – et un peu de compétitivité sur les classiques (6e de Gand-Wevelgem).

Le Belge tire alors sa référence, à 37 ans, avec l’un des plus beaux palmarès de l’histoire du cyclisme. Et le plus grand de l’histoire des courses pavées.

Fin 2016, Tom Boonen se classe troisième des Championnats du monde, à Doha, derrière Mark Cavendish et Peter Sagan. Le symbole d’une renaissance à la Poulidor, à 36 ans, après quatre ans de galère (Sirotti).


4. Alberto Contador (2002-2017)

Le dernier chef d’œuvre d’Alberto Contador : à 35 ans, il s’impose au sommet de l’Angliru, avec panache, sur la Vuelta 2017. Et devient le seul coureur à s’y imposer à deux reprises (Sirotti).

Et dire qu’Alberto Contador n’aurait pas dû faire partie du peloton professionnel en 2017. Dès 2015, “El Pistolero” annonce que 2016 sera “probablement” sa dernière saison. Mais ses bons résultats le convainquent de faire une pige d’un an (Il est notamment deuxième de Paris-Nice, dont il fut le grand animateur et quatrième de la Vuelta, remportée par Nairo Quintana). La suite lui donnera raison.

Poussé vers la sortie par le milliardaire Oleg Tinkov, qui ne le porte pas dans son coeur – “Je ne l’aime pas, c’est un triste personnage“, lâche-t-il en octobre 2016 – il rejoint la Trek-Segafredo. 2017 est une saison sous le signe des places d’honneur : 2e du Tour d’Andalousie, 2e de Paris-Nice, 2e du Tour de Catalogne, 2e du Tour du Pays basque. 9e du Tour de France. Une saison frustrante.

Jusqu’à cette 20e étape du Tour d’Espagne. Le dernier show de “El Pistolero”. L’homme aux 7 Grands Tours entre définitivement dans l’histoire avec cette dernière victoire d’anthologie : à la veille de l’arrivée, Contador s’impose au sommet du mythique Angliru, en attaquant au pied de l’ascension. Il devient d’ailleurs, à cette occasion, le seul coureur à s’y être imposé deux fois, après 2008. Il termine 5e de cette Vuelta, avec le prix de la combativité. Et sort par la grande porte.


3. Laurent Jalabert (1989-2002)

Laurent Jalabert sur le podium final du Tour de France 2002. Sa dernière Grande Boucle est couronnée du maillot de meilleur grimpeur et du prix de la combativité (Sirotti)

16 juillet 2002. Le calme de la première journée de repos du Tour de France est bouleversé par une annonce tonitruante, qui secoue le peloton : en conférence de presse, Laurent Jalabert annonce qu’il prendra sa retraite sportive à l’issue de la saison. Peut-être, en partie, par peur de la saison de trop, justement. “Je m’arrête alors que j’ai encore un assez bon niveau“, remarque-t-il face aux micros.

“Jaja” sort pourtant d’une saison 2001 honorable : il a remporté la Clasica San Sebastian – sa première classique depuis 1998 – et, surtout, largement réussi son Tour de France. Deux succès d’étape, dont un le 14 juillet, à Colmar, et le classement de la montagne. Il devient ainsi le troisième coureur à avoir remporté le classement par points et le classement du maillot à pois sur le Tour, après Eddy Merckx et Bernard Hinault. Rien que ça.

Grand animateur du Tour de France 2002

2002 est donc la “der” de Jalabert. Une année paradoxale. Comme en 2001, il est contraint de renoncer aux classiques, qui furent longtemps sa chasse gardée, après avoir contracté un virus à l’issue de Paris-Nice. Et s’il gagne moins que dans ses années fastes, le vainqueur de la Vuelta 95 a encore de beaux restes. Il marque la saison de son empreinte, par ses victoires sur la Clasica San Sebastian et le Tour du Haut-Var. Il finit aussi troisième de Paris-Nice, une victoire d’étape à la clé, à 57 petites secondes d’Alexandre Vinokourov.

Laurent Jalabert sur le Tour de France 2002, lors de la 16e étape, entre Les Deux Alpes et La Plagne, devant Carlos Sastre. Comme très souvent sur ce Tour, “Jaja” est à l’avant. Et fait le spectacle. (Sirotti)

Mais ce que l’on retient surtout de Laurent Jalabert en 2002, c’est son très beau Tour de France. Passé tout près du maillot jaune lors du prologue – deuxième, battu par Lance Armstrong pour deux secondes – il est le grand animateur des Pyrénées. À La Mongie, puis au Plateau de Beille, le lendemain, il passe tout près de la victoire, après de longues chevauchées en solitaire dont il a le secret. Il finit meilleur grimpeur et coureur le plus combatif pour la deuxième fois d’affilée.

Comme un symbole, lors de l’étape menant au Plateau de Beille, dans le final de l’ascension, il reçoit l’hommage de nombreux coureurs. “Jaja” a gagné le respect des siens.


2. Fabian Cancellara (2000-2016)

Fabian Cancellara a réussi sa sortie lors des JO de Rio, en 2016. (Crédit : Sirotti)


Après une saison 2015 à oublier – il loupe la campagne des classiques après une violente chute sur le Grand Prix E3, abandonne le Tour après une nouvelle chute, alors qu’il était maillot jaune, forfait pour les Mondiaux – Fabian Cancellara veut finir sa carrière en beauté.

Sa tournée d’adieu est mitigée : vainqueur des Strade Bianche pour la troisième fois ; deuxième du Tour des Flandres derrière Peter Sagan ; Il chute sur Paris-Roubaix, achevé à une anecdotique 40e place. Et abandonne sur le Giro, malade. Il remporte néanmoins quelques contre-la-montre (Tirreno-Adriatico, Tour de Suisse, notamment). 

Il se lance alors un dernier défi : conquérir un deuxième titre olympique contre-la-montre, après celui de 2008. Et ce jour-là, à Rio, il n’y a pas photo. Tom Dumoulin est repoussé à 47 secondes, Christopher Froome à plus d’une minute. Déçu par une saison moyenne, “Spartacus” est redevenu le meilleur rouleur du monde le temps d’une olympiade, écrasant ses adversaires. Comme sortie, on a vu pire.


1. Bradley Wiggins (2001-2016)

De gauche à droite : Edward Clancy, Steven Burke, Owain Doull et Bradley Wiggins. c’est le quatuor britannique sacré champion olympique en poursuite par équipes, à Rio, ce 12 août 2016. (Sirotti)


Fin 2014, Bradley Wiggins sort de deux saisons sur route décevantes (Abandon sur le Tour d’Italie 2013, loin des meilleurs, forfait pour le Tour de France ; pas retenu pour le Tour 2014, la Sky concoctant une équipe “articulée autour de Chris Froome“. Mais, tel un phénix, le Britannique renaît de ses cendres fin 2014, en devenant champion du monde du contre-la-montre, à Ponferrada (Espagne) devant Tony Martin, alors triple tenant du titre.

Il se fixe alors trois grands objectifs pour finir sa carrière : remporter Paris-Roubaix, battre le record de l’heure et devenir à nouveau champion olympique, à Rio. Le premier est un échec, le Britannique ne faisant jamais mieux que sa 9e place de 2014, en dépit des conseils d’un certain Johan Museeuw, triple vainqueur de l’Enfer du Nord. Il se classe 18e en 2015.

Bradley Wiggins restera un des rares coureurs de Grands Tours de ce début de siècle à s’être aventuré sur Paris-Roubaix. Et le premier vainqueur du Tour de France à terminer parmi les dix premiers de cette course depuis l’Américain Greg LeMond, en 1992. (Sirotti)

Les deux autres, en revanche, sont couronnés de succès. Le 7 juin 2015, il bat le record de l’heure d’Alex Dowsett, à Londres, en parcourant 54,526 km (Victor Campenaerts le détrônera en avril 2019). En 2016, après un nouveau titre de champion du monde de l’américaine (en mars 2016, avec Mark Cavendish), il décroche son cinquième titre olympique, à Rio, en poursuite par équipes. “Wiggo” termine sa carrière comme il l’a débutée, sur la piste. Et sort par la très grande porte.

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