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Romain Bardet : « Je me redécouvre en tant que coureur »

Le Team DSM a officialisé la participation de Romain Bardet à son premier Tour d’Italie. Un Giro qui sera d’ailleurs l’unique objectif majeur du coureur de 30 ans. Avant son retour à la compétition sur le Tour des Alpes le 19 avril prochain, Bardet s’est confié en longueur sur Mon Peloton.

Romain Bardet à la sauce italienne chez DSM (Sirotti).

Après de longues années sous le maillot d’AG2R, vous avez décidé de relever un nouveau challenge chez DSM. Quelques mois après ce premier changement majeur dans votre carrière, est-ce que vous avez trouvé ce que vous recherchiez ?

« Oui, complètement. J’ai trouvé une équipe dans laquelle je m’épanouis pleinement. J’ai de nouvelles méthodes de travail, je me redécouvre en tant que coureur. Donc ce sont de très bons débuts. C’est même mieux qu’espéré ! Je corresponds parfaitement à la mentalité de l’équipe, et je me sens vraiment très très bien ».

« J’apprends de nouvelles méthodes d’entraînement »


Vous êtes actuellement en altitude au Teide. C’est le deuxième long stage que vous faites à Tenerife depuis le début de l’année. Ça change un peu de vos habitudes. Les stages, ça vous apporte surtout des bienfaits sportifs ?

« En changeant d’équipe, je voulais vraiment m’ouvrir à de nouvelles méthodes de travail. Avoir ces deux expositions en altitude lors des trois premiers mois de l’année, c’est vraiment important pour se construire un vrai bon niveau de base. En début de saison, on n’a pas décidé de trancher directement pour mon programme de courses. On voulait se laisser du temps. Avec ce changement d’équipe, je voulais vraiment travailler les bases, avant de commencer à être performant sur les courses. Bien sûr, ça fait beaucoup de temps loin de la maison et de ma famille, mais ça vaut le coup. J’apprends de nouvelles méthodes d’entraînement. Au Teide, tout est très bien étudié pour le coureur. Maintenant, j’espère arriver à 100 % sur mes objectifs ».

Bardet a changé beaucoup de choses cette saison (Sirotti).

Chez DSM, qu’avez-vous changé dans votre préparation ?

« Déjà, faire deux stages en altitude en début d’année, c’est un vrai changement. Ensuite, j’ai fait moins de jours de courses. J’ai attaqué la saison sans être à 100 % physiquement. Avec l’objectif de tendre petit à petit vers la condition optimale, pour être à mon meilleur niveau au mois de mai sur le Giro ».

« Tout est étudié pour que je sois le plus performant possible sur le vélo »


Au niveau du matériel, vous avez aussi changé certaines choses ?

« J’ai mis pas mal de temps à m’adapter, car j’ai tout changé : ma position, mon matériel… Mais je suis super content maintenant. Nos vélos Scott sont incroyables ! J’ai beaucoup travaillé avec les experts de l’équipe pour optimiser ma position. Maintenant, plus rien n’est laissé au hasard. Ce n’est pas une position choisie par confort. Là, tout est étudié pour que je sois le plus performant possible sur le vélo. Cela a vraiment été un grand pas en avant pour moi.

Bardet prend du plaisir sur son vélo de contre-la-montre (Sirotti).

Au niveau du contre-la-montre, on a du super matos également. On a bien optimisé ma position. J’ai fait pas mal d’essais, d’études… J’ai bien travaillé sur mon vélo de chrono. Je me sens bien dessus même si je ne serai jamais le meilleur rouleur du peloton, je pense que j’ai encore des choses à aller gagner sur le CLM. Je suis vraiment content des progrès effectués sur ce point-là ».

« Le bilan de mon début de saison est super positif »


Avec notamment une huitième place sur le Tirreno-Adriatico, est-ce que l’on peut dire que votre début de saison a été rassurant ? 

« Mon début de saison a été bon. Je suis content. J’étais loin d’être à 100 % sur Tirreno-Adriatico. Donc vu le niveau qu’il y avait, finir dans le Top 10, c’était un bon marqueur. J’avais abordé ce Tirreno sans trop de jours de courses dans les jambes. C’était une découverte, une prise de marques avec le collectif. Franchement, le bilan de mon début de saison est super positif. Je ne visais pas de victoire, car je savais que j’allais être en déficit de condition par rapport à mes adversaires. En tout cas, c’est une bonne première base. Et maintenant, on va voir ce que ça va donner en mai ».

Bardet va boucler sa préparation pour le Giro sur le Tour des Alpes (Sirotti).

Un mois après Milan – San Remo, vous allez reprendre la compétition la semaine prochaine sur le Tour des Alpes. Ce sera juste une course de préparation en vue du Giro ?

« Oui, je n’aurai pas un objectif particulier. Ce sera ma première course avec Jai Hindley. Ça va être sympa ! C’est important d’avoir une course par étapes comme le Tour des Alpes dans les jambes avant le Giro. Ce sera l’idéal, car cette course sera collée à la fin du stage. C’est sûr que je serai fatigué, mais je serai surtout content d’épingler un nouveau dossard pour bien finir la préparation pour le Giro ».

« Liège-Bastogne-Liège n’est plus vraiment une priorité pour moi maintenant »


Du coup, cette saison, vous mettez un peu les classiques Ardennaises de côté ?

« En effet, c’est full-focus sur le Giro. Et puis maintenant, le parcours de Liège-Bastogne-Liège ne me plaît plus vraiment, donc ce sera sans regret. J’aime bien les Ardennaises, mais je connais mes limites. Je sais que dans une très grande journée, je peux faire un Top 5 sur La Flèche Wallonne, mais pas plus. Et Liège, j’ai déjà fait un podium en 2018, je rêve de gagner cette course, mais je suis conscient que ça va être de plus en plus difficile avec cette arrivée plate… On va dire que Liège-Bastogne-Liège n’est plus vraiment une priorité pour moi maintenant, vu les parcours ».

Pas d’Ardennaises pour Bardet cette année (Sirotti).

Ce mercredi, votre équipe a officialisé votre participation au prochain Giro. Ce sera une grande première pour vous. Quels seront vos objectifs ?

« Avec Jai Hindley, nous allons essayer de faire le meilleur classement général possible. Il a fait un très bon Giro en 2020. Il marche très fort en ce moment. Donc je serai sur le Giro pour l’épauler. Mais si je suis en position pour faire un bon classement général, je ferai aussi la course à fond. C’est bien d’avoir deux leaders capables de peser sur la course. Mes objectifs seront similaires à ceux de l’équipe. Tout sera tourné vers le classement général. On aura aussi un bon sprinteur avec Max Kanter pour jouer les étapes plus plates. Mais il y a quand même une grosse ossature de grimpeurs autour de moi, et de gros rouleurs pour nous placer. Franchement, on a une superbe équipe pour le Giro ».

« Je n’hésiterai pas à me mettre au service de Jai »


Avec beaucoup de montagne, peu de contre-la-montre et une étape type Strade Bianche, on peut dire que le parcours est parfait pour vous ?

« Ce sera mon premier Giro. Je ne sais pas trop comment la course se déroule. Après, ça reste un Grand Tour. Ça fait quelques années que je n’ai pas fait un grand général sur le Tour de France. Donc je vais prendre au jour le jour, pour faire du mieux possible. Je n’hésiterai pas à me mettre au service de Jai, s’il est dans les mêmes dispositions que l’an dernier ».

Bardet va faire équipe avec Hindley sur le Tour d’Italie (Sirotti).

En voyant un peu plus loin que le Tour d’Italie, est-ce que vous avez déjà des objectifs en tête pour la deuxième partie de saison : le Tour de France, les JO ?

« Pour l’instant, il n’y a rien de défini. Là, je ne pense qu’au Giro ! Et on switchera en deuxième partie de saison ».

« La victoire, c’est ce qui me manque depuis quelques années maintenant ! »


Vous n’avez plus levé les bras depuis 2018. Avec ce nouveau départ chez DSM, est-ce que vous cherchez à faire évoluer votre profil de coureur ?

« Le vélo a tellement évolué ces dernières années. C’est clair que j’aime les courses pour puncheurs. Mais je sais que je n’ai pas la plus grosse pointe de vitesse. Donc c’est compliqué de gagner. La victoire, c’est ce qui me manque depuis quelques années maintenant ! Après, j’ai quand même cet ADN de Grand Tour. Donc j’adhère totalement à l’idée de me focaliser à fond sur le Giro cette année. Sur une course de trois semaines aussi dure, avec beaucoup de montagne, si je suis à mon niveau, et de part mon passé sur les Grands Tours, je devrais pouvoir tirer mon épingle du jeu.

Bardet veut rester un grimpeur (Sirotti).

Donc au niveau de mon profil, je vais quand même rester un grimpeur. En mettant un peu l’obsession du mois de juillet et du Tour de France de côté. Cette année, j’ai abordé la saison tranquillement pour être bien en mai. Mon premier gros bloc se termine en mai, mais ça a été beaucoup plus light par rapport aux autres débuts de saison que j’ai connu par le passé. Logiquement, je devrais arriver avec beaucoup de fraîcheur sur le Giro, et c’est une bonne chose ».

Propos recueillis par Alexis Rose.

20 thoughts on “Romain Bardet : « Je me redécouvre en tant que coureur »

  1. Cela reste bizarre de lire cela. Quand on sait AG2R était concentré ses moyens sur R. BARDET exclusivement.. A croire que cette équipe n’a pas assez fait pour lui.!! Je serai agréablement surpris qu’il réussisse au tour d’Italie. Il a oublié ses qualités de puncheur… Très dommages Maréchal Yves

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