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Thierry Claveyrolat, roi de la Colombière sur le Tour

Thierry Claveyrolat a marqué le Tour de France au début des années 90. Vainqueur de deux étapes, en 1990 et 1991, il est le seul coureur a être passé en tête du col de la Colombière à deux reprises. Un col qu’il avait apprisoisé, et que le peloton traversera cette année.

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<p><strong>Thierry Claveyrolat a marqué le Tour de France au début des années 90. Vainqueur de deux étapes, en 1990 et 1991, il est le seul coureur a être passé en tête du col de la Colombière à deux reprises. Un col qu'il avait apprisoisé, et que le peloton traversera cette année.</strong></p>
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Le Mont Blanc, théâtre de la première victoire sur le Tour de Thierry Claveyrolat (Crédit : Sirotti)


Si vous cherchez le col de la Colombière dans les statistiques du Tour de France, il va vous falloir prendre un peu de temps. La montée haut-savoyarde est loin d’être la plus empruntée par le Tour : 23 fois (en comptant 2021), contre plus du double pour des rendez-vous mythiques, comme le Tourmalet (59), le Soulor (54) ou encore l’Aubisque (48). Il n’a pas non plus l’aura du Galibier ou de l’Alpe d’Huez.

Malgré tout, certains beaux noms du vélo l’ont franchi en tête lors de la Grande Boucle : Marco Pantani, Julian Alaphilippe, Richard Virenque ou encore Fränk Schleck. Parmi tous ces noms, un seul a réussi le doublé : Thierry Claveyrolat, lors des Tour de France 1990 et 1991.

Claveyrolat, un mec adorable

« Thierry, c’était un mec adorable. Il était vraiment dans la déconne mais hyper sérieux dans son métier ». Le portrait que Vincent Barteau dresse du grimpeur tricolore est élogieux. Les deux hommes ont fait chambre commune lors de l’année 1986, chez RMO, que Barteau quittera à la fin de saison. « Tu pouvais lui faire confiance, et il te rendait service à 100%. Il était chambreur et agréable à vivre », poursuit celui qui est désormais consultant pour Sud Radio.

Thierry Claveyrolat a marqué le Tour de France au début des années 90. Vainqueur de deux étapes, en 1990 et 1991, il est le seul coureur a être passé en tête du col de la Colombière à deux reprises. Un col qu'il avait apprisoisé, et que le peloton traversera cette année.
Les bras levés à St Gervais-Mont Blanc pour Thierry Claveyrolat, vainqueur en solitaire (Crédit : Sirotti)

Mais Thierry Claveyrolat n’était pas qu’une belle personne, il était surtout un formidable grimpeur. « Sans avoir l’explosivité, il avait une telle facilité à mettre du braquet qu’il passait bien les bosses », poursuit Barteau, 12 jours en jaune lors du Tour 1984. « Parfois, on se demandait même comment il faisait pour emmener de tels braquets vu son gabarit ». L’Aigle de Vizille, comme il est surnommé, remporte de belles étapes (sur le Dauphiné ou encore le Tour de Catalogne) mais en 1990, n’a pas encore joué les premiers rôles dans un Grand Tour.

Claveyrolat meilleur grimpeur du Tour 1990

« Il perdait beaucoup de temps dans les chronos. En plus il n’a jamais été dans une équipe à son service. Il a eu Eric Caritoux (vainqueur de la Vuelta 1984) et Charly Mottet comme leader », explique Vincent Barteau. Mais sur ce Tour de France 1990, Thierry Claveyrolat va entrer dans une autre dimension. Le 10 juillet très précisément, entre Genève et St Gervais Mont Blanc. 118,5 kilomètres à parcourir « seulement » mais trois col au programme : la Colombière, les Aravis et la montée vers le Bettex. Un vrai parcours pour grimpeur.

Thierry Claveyrolat a marqué le Tour de France au début des années 90. Vainqueur de deux étapes, en 1990 et 1991, il est le seul coureur a être passé en tête du col de la Colombière à deux reprises. Un col qu'il avait apprisoisé, et que le peloton traversera cette année.
Thierry Claveyrolat, maillot à pois du Tour de France 1990 (Crédit : Sirotti)

Rien qui ne va empêcher Claveyrolat de briller sur cette 10ème étape du Tour 1990. « Il était revanchard après les Mondiaux 1989. Il avait reproché à Laurent Fignon d’avoir attaqué alors qu’il était échappé. Mais je pense qu’il n’aurait pas gagné de toute façon », relate Vincent Barteau. La revanche intervient très vite. La Colombière est grimpée d’entrée par le peloton. Pendant que Steve Bauer, Maillot Jaune de ce début de Tour, lâche prise, un homme est déjà seul en tête : Thierry Claveyrolat bien sûr ! Parti avec un groupe, il s’isole à 2,5km du sommet. Il ne sera jamais revu.

Au Bettex, Claveyrolat signe son premier succès sur le Tour de France et endosse le maillot à pois de meilleur grimpeur. Tunique qu’il conservera jusqu’à Paris. « Ce maillot, c’était une vraie belle récompense pour lui », estime son ancien coéquipier chez RMO, Vincent Barteau. Une récompense, certes, mais pas suffisant pour l’Isérois, qui remet ça dès l’année suivante.

Bis repetita en 1991

1991, début du règne d’un certain Miguel Indurain. Quand le peloton quitte le Bourg d’Oisans, ce 24 juillet, le Navarrais est déjà en Jaune. Cette dernière étape de montagne est la dernière possibilité pour ses adversaires de le déloger (spoiler : ils ne le feront pas). Un homme se fiche de cette lutte pour la victoire finale dans le Tour de France : Thierry Claveyrolat. Cette fois, l’étape est biiiiien plus longue : 255 kilomètres !!!

Thierry Claveyrolat ne semble pas y croire, il gagne pourtant à Morzine (Crédit : Sirotti)

Le grimpeur de RMO attaque dès le départ de l’étape… pour traverser son village, Vizille, et embrasser sa famille. La suite ? Il reprend place dans le peloton, avant de ressortir après le col des Aravis, et reprendre le groupe de tête. Il passe en tête à la Colombière puis laisse partir Thierry Bourguignon dans la montée vers Joux-Plane. Mais le grimpeur est en forme, il a coché cette étape, il revient sur son compatriote et le laisse travailler dans les derniers kilomètres pour mieux l’attaquer sur la fin.

À Morzine, Thierry Claveyrolat remporte sa 2ème et dernière victoire sur le Tour de France, à seulement 32 ans. Derrière, sa fin de carrière ne sera plus la même, malgré une victoire sur le GP de Plouay. Et le pire est à venir pour lui… En 1999, il est impliqué dans un accident qui laisse une personne handicapée. Un événement qu’il ne supportera pas, allant jusqu’à se suicider le 7 septembre, à seulement 40 ans. « C’est une histoire affreuse », commente sobrement Vincent Barteau. Restera à tout jamais la Colombière, deux fois, pour l’un des meilleurs grimpeurs français du début des années 90…

Thierry Claveyrolat a marqué le Tour de France au début des années 90. Vainqueur de deux étapes, en 1990 et 1991, il est le seul coureur a être passé en tête du col de la Colombière à deux reprises. Un col qu'il avait apprisoisé, et que le peloton traversera cette année.
Le visage marqué par l’effort, Claveyrolat a encore la force de sourire à Morzine (Crédit : Sirotti)



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