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Top 5 – Cette grave chute a précipité leur fin de carrière (2/2)

Deuxième partie de notre série consacrée aux graves chutes. Huit mois après son terrible accident sur le Tour de Pologne, Fabio Jakobsen (Deceuninck-Quick Step) fait son retour à la compétition. Le sprinteur néerlandais est présent sur le Tour de Turquie. Retrouvera-t-il son meilleur niveau ? Avant lui, certains coureurs ont décliné après une mésaventure similaire. Notre Top 5.

Saurez-vous reconnaître ce coureur, en difficulté sur le Tour de Lombardie 2004 ? Indice : il a connu trois podiums sur le Tour au début des années 2000. (Sirotti)


5. Kris Boeckmans (Vuelta 2015)

Kris Boeckmans remporte la première étape de l’Étoile de Bessèges 2015. L’une de ses rares victoires chez les professionnels. (Sirotti)


La carrière de Kris Boeckmans chez les professionnels est plutôt discrète. Jusqu’à cette saison 2015 flamboyante. Se distinguant jusqu’ici par des places d’honneur, le Belge de la Lotto-Soudal enchaîne les victoires, remportant consécutivement une étape de l’Étoile de Bessèges (troisième du classement général final), le Samyn et le Nokere Koerse, entre autres. À 28 ans, l’ancien champion d’Europe sur route Espoirs (2009) est à son zénith.

Mais le Tour d’Espagne, toujours en 2015, brise son ascension. Il est victime d’une grave chute lors de la huitième étape, déséquilibré par une malformation de la chaussée alors qu’il voulait attraper un bidon. Le bilan est très lourd : un traumatisme crânien sévère, plusieurs fractures au visage, trois côtes cassées et d’une hémorragie dans les poumons. Il doit même subir une trachéotomie sur place par le médecin de la course.

Symboliquement, le 12 février 2016, il parcourt les 80 derniers kilomètres de la neuvième étape, dont il n’avait pu prendre le départ. Boeckmans ne retrouvera jamais son meilleur niveau. Après avoir fait partie du train de Bryan Coquard chez B&B Hôtels, il prend sa retraite fin 2020, à 33 ans. Début 2018, Ouest-France lui a consacré un portrait émouvant.


4. Pedro Horillo (Giro 2009)

Pedro Horillo sur Paris-Roubaix 2004, ici dans le secteur d’Arenberg. (Sirotti)


En pensant à la chute de Pedro Horrillo sur le Tour d’Italie 2009, on est très vite tenté de faire le parallèle avec un coureur des années 60 : Roger Rivière. Sur le Tour de France 1960, dans la descente du col de Perjuret, il prend tous les risques pour tenter de rattraper Gastone Nencini, leader de l’épreuve. Parti à la faute dans un virage, il fait une chute de 25 mètres et s’écrase en contrebas. Sa carrière si prometteuse s’arrête brutalement, à 24 ans.

Toutes proportions gardées, le drame vécu par Horrillo, ce jour-là, y ressemble beaucoup. Lors de la huitième étape, dans la descente du col de San Pietro, le sprinteur espagnol fait une chute plus vertigineuse encore : soixante mètres. Hélitreuillé, souffrant de fractures, aux fémurs, à la rotule, au cou – il a même un poumon percé – il est plongé dans un coma artificiel pendant une journée. Le lendemain, les coureurs neutralisent l’étape, pour dénoncer les dangers du parcours.

Cet accident sonne irrémédiablement la fin de carrière de Pedro Horrillo, à 35 ans, les séquelles étant trop graves. Poisson-pilote d’Oscar Freire, avec qui il partagea l’essentiel de sa carrière, il avait décroché quelques victoires, dont une étape de Paris-Nice, en 2004.

Il raconte l’histoire de sa reconstruction personnelle dans ce reportage.


3. Johnny Hoogerland (Tour de France 2011)

Johnny Hoogerland, maillot à pois malchanceux du Tour de France 2011. (Sirotti)


L’image est devenue, malheureusement, presque habituelle. Un coureur renversé en course par un véhicule suivant l’épreuve, voiture, moto. Le drame se produit lors de la 9e étape du Tour de France 2011. En faisant un écart, une voiture siglée France Télévisions renverse deux des cinq échappés, lancés à plus de 60 km/h : Juan Antonio Flecha et Johnny Hoogerland. Le Néerlandais de la Vacansoleil-DCM fait une embardée spectaculaire, passant par dessus les barbelés. Thomas Voeckler échappe de peu à la chute.

Hoogerland parvient néanmoins à finir cette étape, à seize minutes du vainqueur, récupérant même le maillot de meilleur grimpeur. Remis de cet incident, il est 5e de Tirreno-Adriatico en 2012. Mais le sort s’acharne sur lui. En février 2013, il est renversé par une voiture durant un entraînement en Espagne. Transporté en soins intensifs, il souffre de fractures à la colonne vertébrale ainsi qu’à cinq côtes et a également des lésions au foie. Son titre de champion national, deux mois plus tard, laisse espérer un nouveau retour au plus haut niveau. En vain. Ce sera son dernier fait d’arme. Il prend sa retraite fin 2016.


2. Andy Schleck (Critérium du Dauphiné 2012)

Andy Schleck s’impose au sommet du Galibier sur le Tour de France 2011. Ce jour-là, le Luxembourgeois a réalisé un exploit majuscule. (Sirotti)


On ne va pas vous refaire en détail l’histoire d’Andy Schleck. L’histoire d’un talent gâché, peut-être le plus doué de sa génération, qui aurait pu écraser la concurrence. Et a pris sa retraite précocement, à seulement 29 ans, fin 2014. Mais si le Luxembourgeois était un phénomène, capable de chevauchées dignes des Coppi, Bartali et Bahamontes, comme lors de cette étape du Tour de France 2011 achevée au sommet du Galibier, c’était aussi un coureur malchanceux.

Début 2012, Schleck, qui a frôlé la victoire lors du précédent Tour de France (2e derrière Evans, dépossédé de son maillot jaune lors du dernier contre-la-montre), récupère sur tapis vert le titre du Tour 2010, une fois Contador déchu (pour un contrôle positif au clenbutérol). Il annonce vouloir « gagner le Tour à la pédale ». Mais pour lui, 2012 est le début de la fin. La faute à une vilaine chute survenue à l’occasion du Critérium du Dauphiné, lors du contre-la-montre (à cause du vent, selon lui). Cette fracture du bassin sera son poison.

Schleck ne sera plus jamais Andy. Le cadet de la fratrie traîne son spleen, se faisant lâcher dès que la route s’élève, enchaînant les abandons. Et tombe presque dans l’anonymat. Usé, lassé de ne plus pouvoir « rouler sans souffrir », il finit par dire stop, fin 2014, après de nouvelles chutes. La dernière, sur le Tour de France, occasionnant une rupture des ligaments croisés du genou. La symphonie d’Andy Schleck, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège 2009 et deux fois 2e du Tour, restera à jamais inachevée.


1. Joseba Beloki (Tour de France 2003)

Joseba Beloki mène la poursuite, dans l’Alpe d’Huez, devant Armstrong et Zubeldia. Il est alors deuxième du Tour de France 2003. Une Grande Boucle qu’il ne finira pas. (Sirotti)


C’est l’une des chutes les plus spectaculaires de l’histoire du Tour de France. 18 ans plus tard, les images font encore froid dans le dos. Le dénouement de la dernière étape des Alpes, Bourg-d’Oisans-Gap, sur cette édition 2003, est connu depuis longtemps. Alexandre Vinokourov va gagner l’étape et prendre la deuxième place du général. Attaqué de toutes parts ce jour-là – une habitude dans cette Grande Boucle – Lance Armstrong conjugue ses efforts avec Joseba Beloki, son dauphin, lancé à la poursuite du Kazakhstanais.

Mais à quelques kilomètres de l’arrivée, le scénario vire au drame. Dans la descente de la côte de la Rochette, modeste ascension de troisième catégorie, Beloki glisse sur une flaque de goudron fondu au cœur d’un virage. Le Tour de France tombe alors presque dans le paranormal : pour l’éviter, le Texan coupe à travers champ, sur une centaine de mètres. Avant, tel un cyclo-cross man, d’enjamber un ravin, vélo à la main, puis de remonter sur son vélo, manquant de renverser le groupe de poursuivants. Bettini lui jette un regard médusé.

Joseba Beloki ne le sait pas encore, mais cette chute amorce son déclin. Victime de multiples fractures, au fémur, au coude et au poignet droit, il ne s’en remettra jamais. Sa fin de carrière est même entachée d’une affaire de dopage. Alors qu’il avait réussi son Tour d’Espagne 2005, jouant un rôle important en montagne dans la victoire finale de son leader, Roberto Heras, il est interdit de départ de la Grande Boucle 2006. Impliqué dans la fameuse affaire Puerto, également fatale à Jan Ullrich. Sans équipe pour la saison 2007, il met un terme à sa carrière professionnelle. Et sort par la petite porte. Lui qui a connu trois podiums sur le Tour (3e en 2000 et 2001, 2e en 2002).

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