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Top 5 – Maillot jaune dès leur première participation

En revêtant le maillot jaune dès son premier Tour de France, après sa victoire à Mûr-de-Bretagne, Mathieu van der Poel a réalisé un réel exploit. Les rookies porteurs du maillot jaune ne sont pas nombreux. Voici notre top 5.

En revêtant le maillot jaune dès son premier Tour de France, après sa victoire à Mûr-de-Bretagne, Mathieu van der Poel a réalisé un réel exploit. Les rookies porteurs du maillot jaune ne sont pas nombreux. Voici notre top 5.
Tadej Pogacar a porté le Maillot Jaune dès sa première participation, mais il a surtout remporté le Tour à sa première participation (Sirotti)


1 – Tadej Pogacar (2020)

En revêtant le maillot jaune dès son premier Tour de France, après sa victoire à Mûr-de-Bretagne, Mathieu van der Poel a réalisé un réel exploit. Les rookies porteurs du maillot jaune ne sont pas nombreux. Voici notre top 5.
Le scénario de ce Tour 2020 rappelle celui de 1968 : Jan Janssen avait renversé la Grande Boucle lors du dernier chrono, ravissant le maillot jaune à Herman Van Springel. (Sirotti)

C’est la victoire de l’audace, de l’insouciance. Et la consécration d’un immense talent. Lorsqu’il débarque sur la Grande Boucle, en 2020, Tadej Pogacar arrive dans la peau d’un futur crack. Plus que ses titres nationaux sur contre-la-montre, ses trois victoires d’étapes et sa 3e place finale sur la Vuelta 2019, derrière Valverde et… Primoz Roglic, son compatriote, l’ont installé dans la caste des grands, à seulement 20 ans.

Son premier Tour de France confirme son rang dans la hiérarchie. L’entame est pourtant difficile pour le Slovène. 2e derrière Roglic pour la première arrivée au sommet, à Orcières-Merlette, il est victime d’une bordure lors de la 7e étape, orchestrée par les Ineos, concédant 1’21 aux autres favoris dans l’affaire. Il en faut plus pour l’inquiéter. Dès le lendemain, il passe à l’attaque lors de la première étape pyrénéenne et distance ses rivaux. Roglic commet l’erreur de le laisser revenir dans le jeu : le voilà revenu à 40 secondes. La suite, on la connaît : Pogacar et Roglic se livrent un superbe mano à mano, “Poggi” s’imposant notamment à Laruns (9e étape). et au Grand Colombier (15e étape).

Et, alors, qu’on pense l’ancien athlète de saut à ski assuré de remporter sa première Grande Boucle, Pogacar crée la sensation en remportant l’avant-dernière étape, un contre-la-montre jugé au sommet de la Planche des Belles Filles, qui devait sacrer Thibaut Pinot. Victime d’une grosse défaillance, Roglic doit déposer les armes face à son jeune aîné, qui dépoussière les records. Deuxième plus jeune vainqueur après Henri Cornet, en 1904. Et en ramenant également les maillots blanc et à pois, il devient le troisième coureur après Merckx et Fignon à remporter au moins trois classements individuels dans le même Tour. Phénoménal, tout simplement, à l’image de cette nouvelle génération.



2 – Laurent Fignon (1983)

En revêtant le maillot jaune dès son premier Tour de France, après sa victoire à Mûr-de-Bretagne, Mathieu van der Poel a réalisé un réel exploit. Les rookies porteurs du maillot jaune ne sont pas nombreux. Voici notre top 5.
Laurent Fignon, ici en jaune, a remporté le Tour sur sa première tentative (Sirotti)

Leur joie fut de courte durée. En apprenant le forfait de Bernard Hinault, victime d’une tendinite au genou droit en fin de Vuelta – qu’il a tout de même remporté, on parle quand même du Blaireau – ils ont sûrement sabré le champagne. Après quatre années de surdomination du Français, rappelant la grande époque d’Eddy Merckx, Zoetemelk, Kelly, Kuiper et les autres avaient enfin une ouverture sur le Tour de France. Une chance de briller, enfin ? Non, c’était trop beau pour être vrai. Ils auraient dû se méfier.

Ils n’avaient pas anticipé que la Renault-Elf avait un plan B. Et qu’un autre Français leur mènerait la vie dure. Laurent Fignon ne vit que sa deuxième saison professionnelle, mais remplacer “Le Blaireau” au pied levé ne lui fait pas peur. Du haut de ses 22 ans, il compte déjà un joli palmarès : une étape de Tirreno-Adriatico 1983, un Critérium International (1982).

Fignon, comme Coppi et Merckx

Mais, surtout, il vient de se révéler sur la Vuelta, ou il fut un grand artisan de la victoire de son lieutenant, Bernard Hinault, remportant même une étape. Celui qu’on surnommera “Le Professeur” se hisse à la deuxième place du général après la première étape pyrénéenne, menant à Luchon. Puis récupère le maillot jaune lorsqu’un Pascal Simon à l’agonie rend les armes, lors de la 17e étape. Cédant du temps dans les deux étapes suivantes, il assure définitivement sa victoire en remportant le dernier contre-la-montre.

Le nouveau protégé de Cyrille Guimard s’offre donc son premier Tour de France et rejoint un cercle très fermé : avant lui, seuls Fausto Coppi, Jacques Anquetil, Felice Gimondi, Eddy Merckx et Bernard Hinault l’avaient gagné dès leur première participation.



3 – Fabian Cancellara (2004)

En revêtant le maillot jaune dès son premier Tour de France, après sa victoire à Mûr-de-Bretagne, Mathieu van der Poel a réalisé un réel exploit. Les rookies porteurs du maillot jaune ne sont pas nombreux. Voici notre top 5.
2004, Tour de France, tappa prologo Liegi, Fassa Bortolo, Cancellara Fabian, Liegi

L’avènement d’un phénomène. Ce 3 juillet 2004, c’est jour de prologue sur le 101e Tour de France. Les favoris se nomment Bradley McGee, Christophe Moreau ou encore Jan Ullrich et, bien sûr, Lance Armstrong. Mais un jeune Suisse de 24 ans crée la sensation : lui qui découvre le Tour de France vole dans les rues de Liège, s’imposant à plus de 53 km/h, deux secondes devant “Le Boss”. “C’est ma première sur le Tour mais dans un contre-la-montre, je n’ai peur de personne.” lâche-t-il à l’arrivée, plein d’assurance.

Le rouleur de la Fassa Bortolo avait déjà de solides références face au chrono, ayant été notamment double champion du Monde Espoirs (98e et 99) et 9e du Mondial 2003, chez les pros cette fois. Mais, de là à l’imaginer remporter une étape du Tour, il y avait un grand pas. Il conserve le maillot pendant deux étapes.

Sur le Tour, ce maillot jaune deviendra presque sa seconde peau. Avec 29 jours en jaune entre 2004 et 2015, il est le coureur l’ayant porté le plus souvent sans l’avoir remporté. Pour lui, la Grande Boucle fut un véritable tremplin vers la gloire. Tom Boonen et les autres en savent quelque chose. Il y a remporté huit étapes, dont sept contre-la-montre.



4 – Chris Boardman (1994)

En revêtant le maillot jaune dès son premier Tour de France, après sa victoire à Mûr-de-Bretagne, Mathieu van der Poel a réalisé un réel exploit. Les rookies porteurs du maillot jaune ne sont pas nombreux. Voici notre top 5.
Le sourire de Chris Boardman, vainqueur du prologue du Tour en 1994 (Sirotti)

Battre Miguel Indurain dans un contre-la-montre. Beaucoup de coureurs en ont rêvé, peu ont réussi. Lui l’a fait et avec la manière. Certes, le prologue n’était pas la distance de prédilection du “Roi Miguel”. Mais quand même : il avait raflé ceux de 1992 et de 1993. Le jeune Chris Boardman ne vit que sa deuxième saison professionnelle lorsqu’il prend le départ de son premier Tour de France. Mais il s’est déjà fait un nom. Un mois plus tôt il remportait trois étapes du Critérium du Dauphiné, dont deux contre-la-montre. On a vu pire comme début de carrière.

Mais ce 2 juillet, c’est une fusée qui transperce les rues de Paris. Avec une moyenne de 55,267 km/h sur 7, km, il s’impose avec, à l’époque, la vitesse la plus élevée de l’histoire de la Grande Boucle sur un prologue. Pour son tout premier Grand Tour. Au calme. Seul Rohan Dennis le détrônera, en 2015, en s’imposant dans les rues d’Utrecht à 55,446 km/h (sur 14 km). 1994 est d’ailleurs une année exceptionnelle pour Boardman : fin août, il décroche le seul titre de champion du Monde sur route de sa carrière, à Agrigente (Italie), devant la surprise Andrea Chiurato et un certain Jan Ullich, alors stagiaire avec la Deutsche Telekom.

Boardman remportera deux autres prologues sur la Grande Boucle, en 1997 et 1998 – ce seront d’ailleurs ses seules victoires sur un Grand Tour. Et se distinguera à nouveau en 1995, malgré lui, avec une prouesse dont il se serait bien passée : il signe l’un des abandons les plus précoces de l’histoire du Tour en abandonnant… Dès le prologue, victime d’une lourde chute à Saint-Brieuc, dans une descente, sous une pluie battante. Ironie de l’histoire, l’heure de son départ avait été choisi minutieusement, pour permettre aux téléspectateurs britanniques de suivre la course. Il n’a pas dû supporter la pression, Chris.



5 – Richard Virenque (1992)

En revêtant le maillot jaune dès son premier Tour de France, après sa victoire à Mûr-de-Bretagne, Mathieu van der Poel a réalisé un réel exploit. Les rookies porteurs du maillot jaune ne sont pas nombreux. Voici notre top 5.
Le Jaune lui allait pas mal quand même (Sirotti)

Richard Virenque qui place une violente attaque dans un col et s’envole. Cette image, on l’a vu des dizaines de fois sur le Tour de France. Plus souvent avec un maillot à pois qu’avec celui de sa propre équipe, d’ailleurs. Mais, ce 6 juillet 1992, lorsqu’ils s’échappent entre Saint-Sébastien et Pau avec ce gamin de 22 ans (et demi), au visage poupon et qui ne dispute que sa deuxième saison chez les pros, Dante Rezze, son coéquipier et Javier Murguialday ne soupçonnent pas que le jeune coureur de la RMO couve un grimpeur d’exception. Tout juste savent-ils qu’il a fait 2e du Trophée des Grimpeurs en 1991 et 1992.

Aérien, caressant les pédales, Virenque distance l’Espagnol dans le dernier kilomètre du difficile col de Marie-Blanque. Mais ne s’envole pas. Il l’attend au sommet et partage les honneurs à l’arrivée, à Pau : à Murguialday l’étape, au Français les maillots distinctifs. À l’arrivée, il enfile tous les maillots : le jaune, le vert et celui à pois blanc. (Le maillot blanc avait été supprimé de 1989 à 1999 inclus). Dès le lendemain, un autre RMO, Pascal Lino, lui chipe son beau maillot jaune. Mais, qu’importe, le Tour de Virenque est réussi. Et dire qu’il n’a appris sa sélection que quatre jours avant le départ…

Ironie de l’histoire, l’homme aux 7 maillots à pois se parera à nouveau de jaune en 2003, après son succès à Morzine. Et, comme en 1992, il ne le portera à nouveau qu’une seule journée, déchu dès le lendemain par Lance Armstrong au sommet de l’Alpe d’Huez. Onze ans après le premier.

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