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Tour de France – 11ème étape : double dose de Ventoux

Le peloton s’apprête à gravir à deux reprises le Mont Ventoux par les faces de Sault et de la classique Bédouin. Une étape inédite et attendue ou crainte, c’est selon, par les coureurs.

Le mythique Mont Chauve. (Sirotti)

Une double dose de plaisir ? Ça se discute pour Julian Alaphilippe qui préfère en sourire : « Une seule montée ça ne suffisait pas ? » L’Italien Sonny Colbrelli est bien d’accord avec le champion du monde. Les sprinteurs comme lui (même s’il a fait 3 à Tignes) vont devoir « survivre ». Même si Mark Cavendish le concède, il y a une face « plus facile ».

Il n’empêche que ce Mont Ventoux sera bien escaladé deux fois avec une arrivée dans la ville de Malaucène. Pas au sommet donc, il aurait d’ailleurs mieux fallu le préciser pour un certain coureur. « J’ai découvert hier que l’arrivée n’était pas en haut du Ventoux, j’aurais dû réviser un peu mieux mon bouquin », en rigole Pierre Rolland.

Le coureur de B&B Hôtels aux 12 Tour de France sait que le mont chauve est un endroit mythique : « C’est au niveau du Galibier, de l’Alpe d’huez, le Tourmalet. Ça fait partie de la légende du Tour de France et forcément on est très motivé mais je m’attends quand même à une bataille des favoris. Tout le monde veut l’épingler à son palmarès, même si on n’arrive pas en haut.»


À la découverte du Ventoux

Romain Bardet passe au milieu de la foule. (Sirotti)

Si les favoris auront envie de l’épingler comme le dit si bien Rolland, c’est parce qu’un Mont Ventoux sur la Grande Boucle, ça n’arrive pas souvent. La dernière fois que le Tour de France est arrivé jusqu’en haut ramène 8 ans en arrière. Chris Froome, maillot jaune sur le dos, assommait une bonne fois pour toute le Tour de France et remportait quelques jours après l’épreuve de juillet. Trois ans plus tard, les coureurs n’avaient pu se rendre à l’observatoire à cause des mauvaises conditions climatiques et s’arrêtaient au Chalet-Reynard un peu plus bas. Episode mythique d’un Froome à pied.

C’est pourquoi certains coureurs vont découvrir ce sommet si particulier. C’est le cas d’Aurélien Paret-Peintre, coureur d’AG2R Citroën : « Je l’ai fait deux fois au Tour de la Provence je me suis arrêté deux fois au Chalet Reynard, j’en avais déjà assez. Là, il faudra monter jusqu’en haut. Forcément ce sont des routes mythiques, il y a des beaux moments, des victoires de grands coureurs ». Même chose pour Franck Bonnamour (B&B Hôtels), élu meilleur combatif de cette première partie de Tour de France : « C’est peut-être un avantage de ne pas connaître. Je ne sais pas, je vais y aller sans pression. C’est vraiment un col impressionnant, c’est l’un des cols les plus durs de France je pense. »


Un pan de l’histoire du cyclisme

Il y a toujours beaucoup de public dans l’ascension. (Sirotti)

Le maillot jaune en personne, Tadej Pogacar va lui aussi pouvoir goûter pour la première (et deuxième) fois en course à l’ascension du Ventoux. Avec cette domination outrageuse, le Slovène n’a pas forcément de soucis à se faire : « Je ne connais pas grand-chose du Ventoux, je sais que c’est une montée historique. Je n’y suis allé qu’une fois, juste avant le Tour. J’avais vu la route, il y avait déjà du monde pour un jour normal, je n’imagine pas comment ce sera en course »

Vincent Lavenu, le manager d’AG2R Citroën, connait cette ambiance si particulière dans ce lieu toujours à part : « Quand on voit les centaines de gens qui sont là tous les jours, qui viennent de partout pour monter, ça montre l’importance. Donc les coureurs quand ils seront dans le Ventoux, pour eux ça représente quelque chose d’énorme. Il y aura surement un public très important et celui qui brille au Ventoux marque l’histoire du vélo. »


Le Mont Ventoux Dénivelé challenge en guise de préparation

Encore plus avec cette double ascension inédite sur le Tour. Mais ce n’est pas pour autant une première cette année pour certains coureurs. Le mont Ventoux Dénivelé Challenge proposait aussi deux montées du mont chauve. C’est le grimpeur de la Movistar, Miguel Angel Lopez qui s’imposait. Enric Mas (3ème) et Ben O’Connor (4ème), tous deux en lice pour un podium à Paris, étaient aussi présents.

Mais peut être que le plus expérimenté de tous finalement, c’est Dan Martin. L’Irlandais a déjà effectué ce parcours « lors d’une cyclosportive en 2005 ». Cela ne le rajeunit pas… Mais le leader d’Israel Start Up Nation peut se permettre de donner son avis. Et pour lui, le plus grand ennemi, c’est la météo. « On a eu des conditions difficiles ces derniers jours. On s’attend à de fortes chaleurs en haut. C’est dur pour le corps, qui réagit toujours différemment selon les coureurs. Cela pourrait faire de gros dégâts ». Un peu de soleil, cela ne ferait pas trop de mal après 10 jours pluvieux sur le Tour de France. Une éclaircie bienvenue, lors d’un des moments les plus importants du Tour, si ce n’est de l’histoire ?

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