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Tour de France – Col de Peyresourde : 5 dates clés

Lorsque les mots “Pyrénées” et “Tour de France” sont évoqués, il est un des lieux qui viennent en premier à l’esprit. Et à juste titre. Peut-être moins réputé que son grand voisin le Tourmalet, le Col de Peyresourde est une véritable légende. 5ème col le plus emprunté des Pyrénées par la Grande Boucle, Peyresourde connaît cette année son 68ème passage du peloton. Retour sur les 5 dates clés qui ont forgé la réputation de cette montée tant connue.

Le col de Peyresourde attend patiemment le Tour, versant Bagnère-de-Luchon. (Sirotti)

1947 : la première fois

Comme pour tout, il faut une première fois. Et pour Peyresourde, elle date de 1947. Le col frontière entre la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées est inscrit au programme du premier Tour de France de l’après-guerre. Peyresourde est franchi en début d’étape, sur un parcours dantesque traversant tous les Pyrénées. De Bagnère-de-Luchon à Pau, les coureurs vont se livrer bataille. Et c’est Jean Robic, futur vainqueur de cette édition, qui remporte l’étape. “Trompe-la-mort” était passé à l’offensive dès le début de l’étape, puisqu’il fut le premier à passer en tête au sommet de Peyresourde. Dès lors, l’histoire du col est en marche.

Gelabert et Robic, coude à coude, avant le sommet du col de Peyresourde. (Loucrup65)

1954 : Bahamontes à la conquête de la montagne

Impossible de parler sommet sans évoquer celui qui est considéré, et qui se considère lui-même, comme le plus grand des grimpeurs. Pour sa première participation au Tour, l’Aigle de Tolède ne fait pas dans la dentelle. Il remporte dès 1954 le classement du meilleur grimpeur. Sur l’étape Pau-Luchon, Bahamontes s’envole. L’Espagnol parvient à passer en tête au sommet de Peyresourde, côté Louron. Mais la multiplication des efforts fatigue le coureur, alors en début de carrière. Le grimpeur ne parvient pas à remporter l’étape à Luchon, mais fait l’étalage de toute sa classe et de sa puissance en montagne.

Avant Peyresourde, Bahamontes doit faire face au terrible Tourmalet. (Loucrup65)

1995 : Virenque au pois rouges

Parler de Bahamontes sans évoquer Richard Virenque par la suite, c’est faire offense au classement du grand-prix de la montagne. À l’instar de l’Espagnol, Virenque est lui aussi passé en tête de Peyresourde. Dans sa longue carrière, cela ne se produit qu’une seule fois, et c’est en 1995. Ce jour-là, le natif de Casablanca s’envole dans les Pyrénées, franchissant cols après cols jusqu’à lever les bras à Cauterets. Mais cette traversée de Peyresourde est aussi la plus tragique de son histoire. Quelques kilomètres avant d’emprunter ses courbes, l’Italien Fabio Casartelli est victime d’une chute mortelle dans la descente du Portet d’Aspet. Journée noire pour le Tour de France, et le massif pyrénéen.

À l’assaut du Tourmalet, Virenque regarde derrière lui. Ses adversaires et le col de Peyresourde ont été avalé. (Sirotti)

2012 : la chevauchée de Thomas Voeckler

Il y a des coureurs qui font aimer le cyclisme. Et Thomas Voeckler en fait partie. Un an après son épopée en jaune, Ti Blanc est de retour, pour nous jouer un joli tour. Finie la course au général, place au spectacle, place au maillot à pois. Le sort de cette tunique va se jouer dans les Pyrénées, sur l’étape reine. Au programme, le triptyque de légende : Tourmalet, Aspin, Peyresourde (côté Louron). Ces cols vont alors être le théâtre d’une bataille monumentale entre Voeckler et Brice Feuillu. Bien évidemment, c’est Peyresourde qui aura le fin mot de cette histoire. Voeckler réussit à distancer le grimpeur de la Saur-Sojasun dans les pentes du col, et file vers Luchon, accueilli par une foule en extase. Des frissons.

Musique épique, chevauchée de légende, frissons assurés.

2016 : Chris Froome assomme le Tour

Une démonstration de force ne passe pas nécessairement par une large prise de temps d’un coureur sur ses concurrents. Et ça, Chris Froome l’a parfaitement démontré le 9 juillet 2016 dans le col de Peyresourde. Après une montée comme souvent cadenassée par la Sky, Froome décide de démarrer à quelques centaines de mètres du sommet. Et là, c’est l’extase. Le Kenyan Blanc décide de faire la descente vers Luchon. Il démontre au grand public quelque chose d’inédit : la position Mohoric. Assis sur le cadre, Froome creuse l’écart sur le peloton entier, dans la descente de Peyresourde. “Ils sont venus pour le voir gagner” annonce Laurent Jalabert. Et il ne s’était pas trompé. Le Britannique s’empare du jaune, et ne le lâchera jamais.

À la recherche de vitesse, Froome démocratise la position Mohoric dans la descente du col de Peyresourde. (Sirotti)

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