Mon Peloton

Le média cyclisme qui te fait changer de braquet

Tour de France – Étape 5 : le baromètre des favoris

Après un premier week-end mouvementé en Bretagne et un contre-la-montre allant jusqu’au bout du suspense, on en sait un peu plus sur la hiérarchie au classement général du Tour de France. Et sur l’état de forme des différents favoris. Place au baromètre, après cinq étapes.

En ce début de Tour de France, compare se portent les favoris ?

Tadej Pogacar (UEA-Team Emirates)

Étincelant, virevoltant, surprenant. On ne trouve pas de qualificatif assez fort pour décrire la prestation de Pogacar sur le contre-la-montre de Laval. Pourtant, le Tour ne démarrait pas de la meilleure des manières pour le Slovène. Après avoir chuté, comme de nombreux coureurs, dimanche après-midi, il accusait déjà une trentaine de secondes de retard au classement général. Mais ces quelques secondes n’étaient qu’une broutille pour le vainqueur sortant, qui les balaya d’un grand revers de manche sur le chrono. En forme dès le début de la Grande Boucle, le jeune prodige tiendra-t-il trois semaines à ce rythme ?

Richie Porte (Ineos Grenadiers)

Il s’est sacrifié pour Thomas et Carapaz au Mûr de Bretagne, mais il n’aurait peut-être pas dû. Richie Porte semble être le plus à son aise parmi les trois leaders d’Ineos en ce début de Tour de France. Même si, comme Thomas, il est tombé (lors de la première étape, victime de la désormais célèbre pancarte “Opi-Omi”). Mais il montre aussi bien plus de signes de facilité que les autres. Sa très belle performance sur le contre-la-montre de Laval en est la preuve (9e, à 55” de Pogacar). Dommage qu’il ait perdu autant de temps sur les routes bretonnes – il est 16e du général, à 3’58 -. Reste à voir comment l’Australien se comportera lorsque les sommets vont se montrer. Mais pour l’instant, Richie n’est pas (encore) près de prendre la porte.

Wilco Kelderman (BORA-hansgrohe)

Il ne fait pas de bruit, mais il est bien présent. Pour son quatrième Tour de France, Wilco Kelderman devrait jouer les premiers rôles. Le récent quatrième du Critérium du Dauphiné est en train de prendre le leadership au sein de la BORA-hansgrohe. Et cela doit bien arranger ses managers, au vu des performances d’Emanuel Buchmann (qui sort du Giro). Kelderman est resté discret jusqu’à présent et limite plus que bien la casse. 13e du général à 1’56” de Pogacar, le Néerlandais pourra montrer qu’il est bien présent en montagne et que sa troisième place sur le Giro 2020 est tout sauf une énigme.

Julian Alaphilippe (Deuceninck-Quick Step)

Arrêtons d’être durs avec nos champions français. Il faut que les choses soient claires : Julian Alaphilippe réalise un excellent début de Tour de France. Bien sûr, cela n’a rien à voir avec 2019, mais le résultat est tout de même là. Une victoire lors de la première étape, en patron, avec en prime la tunique jaune. Une très bonne cinquième place au Mûr de Bretagne. Un maillot vert pendant 3 jours. Une quatorzième place honorable sur le contre-la-montre et 40 secondes de retard sur Pogacar au général. Alors oui, il n’attaque pas à tout bout de champs, il n’a pas le maillot jaune, il est moins sautillant qu’en 2019 : Julian Alaphilippe est un humain comme un autre. Il ne peut pas vendre du rêve tous les jours et c’est normal, mais il confirme qu’il faudra compter sur lui pour la suite de la bataille.


Primoz Roglic (Jumbo-Visma)

Décidément, les courses françaises ne réussissent pas à Roglic. Une humiliation à la Planche des Belles Filles l’an dernier, Paris-Nice 2021 perdu sur la dernière étape et, maintenant, une lourde chute dès la deuxième étape. Mais, au top de ses capacités, frais tant sur le plan physique que psychologique, le Slovène lutte contre le sort. Bien sûr, cette chute va lui causer du tourment, mais Roglic est loin d’être hors jeu. Sa 7ème place sur le chrono en témoigne. Cependant, n’aura-t-il pas perdu trop de forces en s’amochant si tôt ? Vivement les Alpes, pour savoir si le double vainqueur de la Vuelta n’a que des blessures superficielles.


Geraint Thomas (Ineos Grenadiers)

Tout comme Primoz Roglic, Geraint Thomas est lui aussi allé embrasser le bitume. Mais pour lui, le pire était à craindre. Déjà pas forcément en forme olympique au Mûr de Bretagne, le Gallois s’est fait très peur. Accroché à la voiture médicale, l’épaule douloureuse et luxée, le vainqueur de la Grande Boucle 2018 a dû songer à l’abandon. Mais que nenni, Thomas est reparti. Désigné leader avec Carapaz, le Gallois n’offre pour le moment aucune certitude à son équipe. Comme en atteste son mauvais chrono (16e à 1’18). Des trois mousquetaires de la Ineos, il est pour l’instant celui qui présente le moins de garanties pour ramener le jaune à Paris. Peut-être que l’air alpin lui redonnera des couleurs ?


Richard Carapaz (Ineos Grenadiers)

Tout comme son coéquipier gallois, Richard Carapaz n’affiche pas le visage que l’on attendait de lui. Pourtant, lui n’est pas tombé. Incapable de suivre les meilleurs à la Fosse aux Loups et dans le Mûr de Bretagne, l’Équatorien n’est pas forcément à son aise en ce début de Tour. Sa 23ème place sur le chrono – qui est loin d’être sa tasse de thé, certes) confirme que la machine n’est pas lancée. Mais on sait aussi que Carapaz est un grimpeur pur et dur, qui aime les longues difficultés et la haute altitude. À la manière de Vincenzo Nibali, le petit équatorien ne serait-il pas un coureur de troisième semaine, capable de renverser les courses quand les autres baissent en régime ?


Enric Mas (Movistar)

Rien ne se passe comme prévu pour Enric Mas en ce début de Tour. D’ailleurs, rien ne se passe comme prévu pour la Movistar tout court. Initialement, Mas n’est pas leader de l’équipe espagnole. Mais face aux nombreuses minutes perdues par Miguel Angel Lopez lors du premier week-end, cette place lui revient par procuration. Comme pour Richard Carapaz, les jambes peinent à produire de jolis efforts. Le contre-la-montre de Laval n’arrange pas son cas, puisqu’il perd près de 1’40” sur Pogacar. Cependant, à l’instar de Carapaz, lui aussi est à son aise en montagne. Arrivera-t-il à refaire son retard pour tenter de batailler pour le top 5 ?


David Gaudu (Groupama-FDJ)

Pour une première en tant que leader en montagne sur un Tour de France, David Gaudu se débrouille bien. Bien qu’amateur de haute montagne, le Breton confirme que sa performance sur les routes vallonées de Liege-Bastogne-Liege étaient tout, sauf le fruit du hasard. Toujours présents à l’avant sur les premières étapes, Gaudu voit logiquement l’objectif du maillot jaune s’envoler en perdant plus de 2 minutes lors du chrono de Laval. Mais que faire maintenant ? Le Breton nous laisse sur notre faim. En cinq jours, il a prouvé des choses. Mais ne serait-il pas finalement intéressant de le voir jouer les premiers rôles plutôt sur du long terme ? Course au top 5 ou chasse à l’étape : les Alpes devraient nous apporter des réponses. D’ici là, difficile d’établir des prévisions.


Pierre Latour (Total Energie)

Il a réalisé un bon début de saison. Pas étonnant de le voir réaliser un excellent début de Tour de France. Ça y est, Pierre Latour est de retour. Et de quelle manière ! Tous les jours, il se sera montré. En contre derrière Alaphilippe à la Fosse aux Loups, avec les favoris au Mûr de Bretagne, top 15 sur le chrono… Et 6e du général désormais. Mais où va-t-il s’arrêter ? Le plus près possible des Champs Élysées, si possible. Maintenant revenu à son meilleur niveau, Latour va devoir confirmer en montagne. Pour le moment, il semble capable de passer les Alpes sans encombres. Que va-t-il bien pouvoir nous réserver désormais ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *