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Tour de France : Le coup de gueule (en silence) du peloton

Après les nombreuses chutes lors de l’étape entre Lorient et Pontivy, le peloton a décidé de protester en faisant une minute de silence lors du départ réel à Redon. Un mouvement qui n’est pas une première sur le Tour de France.

Le peloton a protesté contre les organisateurs. (Sirotti)

Il n’y a pas eu une équipe qui n’a pas été impactée. Un après l’autre, les coureurs sont tombés au sol, des leaders comme Primoz Roglic ou Geraint Thomas, mais aussi des sprinteurs (Ewan, Sagan, Démare…) ou encore des formations entières (AG2R Citroën, Jumbo-Visma…). (Nous en débattons dans notre podcast hier). Dans le peloton, c’était un peu le ras-le-bol général après trois journées chaotiques. Une minute de silence en guise de protestation a été effectuée à Redon, ville départ de la 4ème étape.

Aujourd’hui, si la solution n’a pas encore été trouvée, les interrogations sont nombreuses : « On peut trouver tous les maux de la terre. Un coup ce sont les oreillettes, un coup ce sont les organisateurs. Je pense que les débuts de Tour sont toujours dangereux, certes, mais les routes doivent être adaptées surtout sur les deux premiers sprints. Il y a aussi certains sprinteurs qui doivent se calmer un petit peu. Il y a un truc flagrant, c’est que toutes les équipes de leaders veulent absolument placer leurs leaders au même moment que les sprinteurs. La tension elle est palpable », constate Vincent Lavenu, le patron d’AG2R Citroën.

Les coureurs eux, comme Arnaud Démare (Groupama-FDJ), espèrent que des mesures seront prises : « On n’est pas écoutés, nous les coureurs, on est là pour faire le show, les images principales que l’on voit dans le teaser du Tour, ce sont les chutes. On ne se souvient que des chutes. Hier on avait demandé de geler les temps à 7 kilomètres, à 10 kilomètres, ça ne changerait rien au spectacle. Les grimpeurs ne seraient pas là, Roglic ne serait pas tombé. Ça frotte et forcément sur des petites routes comme ça, tout le monde ne passe pas ».


Des discussions avec l’UCI ?

En arrière-plan, la chute d’Ewan et de Sagan. (Sirotti)

Même constat pour Pierre Rolland, qui n’est pas connu pour ses qualités au moment de frotter : « Pour moi, cette règle devrait être dépendante des circonstances de course. Si on arrive dans une agglomération, on y rentre à 10 kilomètres de l’arrivée, les temps devraient être gelés. Les sprinteurs feraient leur sprint entre eux, sans les coureurs du classement général dans leurs pattes, puisque ce sont eux qui créent le danger. Les sprinteurs, la chute fait partie de leur job ».

Pas sûr que les Ewan, Démare ou Sagan soient du même avis après avoir goûté le bitume. L’Australien étant même contraint d’abandonner lundi. Pour joindre l’acte à la parole, le CPA, l’association des coureurs, a fait suivre un communiqué : « Les coureurs du Tour de France demandent à l’UCI de mettre en place des discussions avec l’ensemble des parties prenantes pour adapter la règle des trois km lors des courses par étapes. »


D’autres grève dans le passé sur le Tour de France

Roglic a fait partie des coureurs touchés. (Sirotti)

Cela faisait quand même plus de 20 ans que le peloton n’était plus rentré en grève sur le Tour de France. La dernière fois c’était en 1998. Après l’affaire Festina, et les descentes incessantes de la police dans les hôtels des équipes, les coureurs protestent une première fois à Tarascon-sur-Ariège en menaçant de ne pas prendre le départ. Puis c’est à Doussard, avant de prendre la montée du Semnoz lors de l’étape Albertville – Aix-les-Bains, que les coureurs du Tour de France mettent pied à terre. « C’était l’horreur », explique Thierry Gouvenou, aujourd’hui organisateur, dans le Dauphiné Libéré, « les nerfs ont lâchés ».

Un peu avant, en 1991, l’ensemble des coureurs avaient fait grève contre le port du casque obligatoire. Un autre temps. Sous la chaleur, ils voulaient profiter du choix de le mettre ou pas. Un coup de gueule qui marche puisqu’ils ont gain de cause pendant très longtemps, jusqu’en 2003. Plus tôt, en 1978, Bernard Hinault et consorts ne veulent plus partir, face aux doubles étapes la même journée et aux transferts trop longs. Les coureurs s’arrêtent dans le Tarn. L’étape du matin est annulée et la compétition ne reprend que l’après-midi. Encore-la, la protestation a fonctionné. En sera-t-il de même cette année ?

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