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Tour de France : les planètes s’alignent pour Alaphilippe

Marqué par les nombreuses chutes, ce début de Tour de France a déjà fait perdre un temps précieux à la plupart des favoris et outsiders. Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step), lui, réalise une entame presque parfaite. S’il veut jouer le général, le Français ne pouvait pas rêver mieux.

Julian Alaphilippe – ici lors de sa victoire à Mûr-de-Bretagne – est le meilleur des favoris en ce début de Tour de France. (ASO)

Il y a beaucoup de choses qui différencient Thibaut Pinot de Julian Alaphilippe. On pourrait disserter dessus pendant des heures, tels des experts de ballon rond parlant de tactique et de système avant ce France-Suisse de l’Euro. Mais l’une d’elles les différencient tout particulièrement : la poisse sur le Tour de France. Entre le grimpeur de la Groupama-FDJ et la Grande Boucle, c’est une relation d’amour-haine. Une victoire à l’Alpe-d’Huez en 2015, un podium en 2014. Mais aussi quatre abandons, avec, en point d’orgue, cette cruelle désillusion du Tour 2019, dont il ne se remettra peut-être jamais.

Julian Alaphilippe, c’est tout l’inverse. A l’aube du Tour 2019, Pinot soufflait à l’Equipe qu’« Un jour, les planètes seront alignées ». Ces planètes, c’est pour “Loulou” qu’elles semblent alignées cette année. On s’était déjà fait la remarque en amont : 58 km de chronos pour spécialistes, beaucoup de moyenne montagne et peu de haute montagne, des arrivées pour puncheurs. C’était l’année où jamais pour jouer le général.

Le mythique dossard 51, celui qui a sacré Merckx, Thévenet ou encore Hinault, porterait-il chance à Julian Alaphilippe ? (ASO)

Julian Alaphilippe a évité tous les pièges

Plus on avance dans ce Tour et plus cette impression se confirme : oui, les planètes semblent alignées. Car le champion du Monde d’Imola réalise un début de Grande Boucle quasi-parfait : victoire et maillot jaune lors de la première étape, à Landerneau ; 5e de la deuxième, à Mûr-de-Bretagne, dans le temps de Roglic et Pogacar ; et, ce lundi, 6e de l’étape à Pontivy, dans le temps du premier groupe, celui des “rescapés”.

Comme protégé par une bonne étoile (le mythique dossard 51 ?), le puncheur – ou plutôt coureur complet, devrait-on dire désormais – et son drôle de maillot vert ont évités tous les pièges de ce début de Tour, quand la plupart des autres favoris et outsiders pour le général sont tombés/ont été retardés. Derrière Alaphilippe, c’est la soupe à la grimace. Pogacar accuse 29” de retard sur le Français, Enric Mas 30”. Les autres sont encore plus loin : Gaudu et Uran à 52”, Thomas à 1’07” et Roglic et 1’35”, pour ne citer qu’eux. D’autres encore sont déjà sortis du jeu, comme Lopez, Porte et Woods. Et contrairement à Roglic et Thomas, tombés lourdement sur la route de Pontivy, le triple vainqueur de la Flèche Wallonne est indemne.

Le classement général après cette 3ème étape.

En jaune dès mercredi ?

Lui-même à dû mal à y croire, d’ailleurs : « C’est une prouesse d’être arrivé en seul morceau, glisse-t-il après l’étape. C’était vraiment une journée éprouvante, surtout dans la tête. Et le sprint, c’était un truc de fou ! » Lui qui disait vouloir faire le bilan après la première semaine se retrouve donc, pour l’instant, en position idéale. Et ce n’est pas le chrono de mercredi, pour spécialistes, entre Changé et Laval (27,2 km), qui devrait changer la donne. Bien au contraire.

Le Français a beaucoup travaillé sa position cette saison et ça s’est vu au Tour de Suisse (5e du premier chrono, 2e du second, à 40” d’Uran, en ayant couru avec un vélo traditionnel, alors que le vélo de chrono l’aurait avantagé dans la descente). S’il n’a pas d’ennui mécanique, il devrait donc faire jeu égal avec ses concurrents directs. Et pourrait même récupérer le maillot jaune s’il contient le retour de Wout van Aert, à l’affut – 23 secondes d’écart – avant d’attaquer les Alpes, ce week-end.

Après le vert, de nouveau le jaune, mercredi à l’issue du chrono ? (ASO)

Reste une éternelle question : Julian Alaphilippe jouera-t-il le général ? Lui-même entretient volontairement le suspense et ça semble l’amuser. Mais certains indices laissent penser que oui.

Lors de son épopée en jaune, en 2019 (14 jours), “Alaph” avait consenti quotidiennement de gros efforts dans la plaine pour assumer son rôle d’équipier. Des efforts qu’il y avait payé en fin de Tour, ce qui lui avait coûté une place sur le podium. Si l’on en croit cette petite phrase, cette fois-ci, le Français serait protégé au sein de la Deceuninck et ménagé dans la plaine. Pour mieux se battre avec Roglic, Pogacar et les autres dans la montagne ?

Petit à petit, le rêve de Julian Alaphilippe de gagner le Tour de France prend donc forme. Et la Alaph’mania ne devrait être que plus en plus forte, chaque jour au bord des routes. Mais n’oublions pas qu’un Tour de France dure trois semaines. La route jusqu’à Paris est encore longue, très longue. Et semée d’embûches. Thibaut Pinot en sait quelque chose, lui a qui abandonné des Tours de France et des Giro à quelques heures de l’arrivée.

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