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Tour de France – Retro : À Andorre, c’était le jour de Brice Feillu

Le 10 juillet 2009, Brice Feillu remportait son étape du Tour de France à Andorre-Arcalis. Le grimpeur de 23 ans, à l’époque, gagne dès sa première année professionnelle sur la Grande Boucle. Cela restera son unique succès en carrière.

Brice Feillu n’a levé les bras qu’une seule fois chez les pros.

Il n’y en aura qu’une pour Brice Feillu. En 10 ans de carrière professionnelle, le grimpeur n’a levé qu’une seule fois les bras. Mais cette victoire, ce n’est pas n’importe laquelle. Une acquise sur le Tour de France dès sa première année professionnelle. Le lieu du crime : Andorre, là où le peloton s’arrête ce dimanche avant la dernière journée de repos. C’est donc un joli souvenir qui remonte à la surface du désormais retraité du cyclisme de 35 ans : « C’est plutôt agréable quand on se le rappelle. C’est juste dommage de se dire que c’était la seule »

Ce 10 juillet 2009, les coureurs du Tour de France partent de Barcelone pour rejoindre la Principauté d’Andorre lors de la 7ème étape. Le parcours est différent de celui de cette année. Le juge de paix s’appelle Andorre-Arcalis (12,4km, 6,9%) et c’est aussi la première difficulté de cette édition qui partait de Monaco. « Je me sentais de mieux en mieux. Même si ce n’est pas la journée où j’avais les meilleures jambes. La veille de l’étape, je dis à mon frère (Romain) : je pense que demain l’échappée ira au bout. Vu la situation avec un maillot jaune (Fabian Cancellara) qui n’allait pas le défendre. Si on se retrouvait avec au moins 6-7 coureurs à l’avant, je pensais que ça allait le faire » se rappelle le natif de Chateaudun.

« Je sentais que j’allais le faire »

Brice Feillu sur le podium. (Sirotti)

Et il avait vu juste. Neuf hommes se détachent avec notamment les Français Jérôme Pineau, Christophe Riblon et Christophe Kern mais aussi l’Italien Rinaldo Nocentini, qui prendra le jaune ce jour-là. « Une fois dedans, j’ai compté mes coups de pédale. Je voulais en faire autant que celui qui en faisait le moins. Des fois je tirais un peu la langue alors que je me sentais relativement bien. J’analysais aussi un peu les adversaires, et je me disais que logiquement je devais être dans les trois meilleurs grimpeurs. »

Très vite, Brice Feillu, dont c’est sa première sur le Tour, sent que quelque chose est en train de se passer. « Chez les amateurs je me faisais la même réflexion. Sur le Tour d’Alsace l’année d’avant, j’avais prévenu mon directeur sportif dans la montée vers le Ballon d’Alsace que j’allais gagner. Je l’ai fait. C’était un peu ça à Andorre. Je sentais que j’allais le faire. Je mettais juste une réserve parce que je n’étais plus chez les amateurs »

Parfois décramponné dans la montée finale par les attaques de Christophe Riblon, le coureur d’Agritubel gère presqu’à l’expérience. Avant de porter l’estocade finale à 6 kilomètres du but. « Quand je pars je savais ce qu’il me restait à faire. J’avais bien regardé les autres faire, je me suis même laissé décrocher, quitte à me faire avoir. Mais je savais que j’allais pouvoir revenir si jamais il y avait une attaque tranchante. Les autres coureurs se disaient sûrement que j’étais jeune, que j’allais craquer. Tout le monde faisait le boulot pour moi. Ce col me convenait bien avec pas de forts pourcentages. Alors je me suis dit que logiquement ça allait le faire. »


Feillu s’est un peu perdu

Brice Feillu n’a jamais pu totalement confirmer derrière. (Sirotti)

Il s’impose cinq petites secondes devant Kern pour remporter une victoire de prestige. L’étape en poche et le maillot à pois sur le dos. Tout sourit alors au jeune grimpeur qui va pourtant connaître-là, son unique succès en carrière. « J’ai un peu craqué derrière. Je pense que je n’étais pas très bien entouré. L’équipe (Agritubel) s’est arrêté. Ensuite j’ai fait un mauvais choix en allant chez Vacansoleil. Puis j’ai rebondi à Leopard-Trek mais il y avait déjà pas mal de leaders, je n’ai pas pu m’exprimer. Je rebondis chez Saur-Sojasun mais le sponsor s’arrête au bout de deux ans. Je pense que si j’avais été dès le départ dans une formation comme AG2R, qui fait davantage confiance aux coureurs, j’aurais pu continuer sur ma lancée. Là chez Vacansoleil, ça ne me plaisait pas, et j’ai fait un pas en arrière. Il n’y a rien qui s’est goupillé parfaitement à part ma première année chez les pros finalement »

Par la suite, Brice Feillu accroche tout de même de bons résultats. Deux fois 16ème du Tour de France, il a même pu caresser l’espoir de s’imposer une deuxième fois sur la Grande Boucle. Lors de la même édition déjà à Vittel (3ème), mais aussi en 2012, dans la fameuse étape Pau – Bagnères-de-Luchon. Il est le dernier à accompagner Thomas Voeckler avant de craquer (5ème) « Je n’étais pas loin. Mais c’était son jour, il ne sentait pas les pédales ». Il raccroche donc en 2019 sans avoir gagné de nouveau. Son unique « jour » restera donc ce 10 juillet 2009.

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