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Tour de France – rétro : Il y a 2 ans, le cauchemar à Tignes

Il y a deux ans, le Tour de France devait s’arrêter à Tignes. Mais les coureurs n’ont jamais vu l’arrivée, la faute à un écoulement de boue à cause du déluge. Une journée noire pour les Français ce jour-là.

Egan Bernal endosse la jaune à Tignes, il ne le lâchera plus. (Sirotti)

Se rappeler de ce vendredi 19 juillet est toujours un peu douloureux pour les fans tricolores de cyclisme. Ce jour-là, tous ont dû abandonner le rêve de voir un Français s’imposer à Paris, 34 ans après Bernard Hinault.

Pourtant avant le départ à Saint-Jean de Maurienne, le baromètre était au beau fixe. Julian Alaphilippe est en jaune depuis 14 jours et Thibaut Pinot, vainqueur en costaud au Tourmalet, n’est pas très loin derrière. Oui mais voilà, en l’espace de quelques heures, tout va basculer. Il n’a d’ailleurs fallu que quelques minutes pour avoir le droit à une première mauvaise nouvelle. Thibaut Pinot, en larmes dans les bras de son coéquipier William Bonnet, doit mettre pied à terre. On l’apprendra plus tard, mais le leader de la Groupama-FDJ s’est blessé au genou. Il le confessera à son hôtel derrière, il pensait « gagner le Tour ». Il n’avait jamais été aussi proche en tout cas.


Une route impraticable

Puis, la bagarre fait rage dans le Col de l’Iseran. Egan Bernal et Ineos font le forcing pour lâcher le leader de l’épreuve, Julian Alaphilippe. Le maillot jaune craque, et le Colombien part seul. Au sommet, il a une minute d’avance sur les favoris, deux sur le coureur de Deceuninck-Quick Step. Mais tout n’est pas terminé, il reste encore la descente puis l’ascension vers Tignes… Comme la veille et l’arrivée à Valloire après le Galibier, Alaphilippe refait un numéro dans la descente pour tenter de combler son retard. Mais très vite, tout le monde est arrêté.

À l’époque, Guillaume Martin, membre de la Wanty, se rappelle : « J’étais dans l’échappée également, et comme beaucoup de coureurs je n’avais pas trop compris ce qu’il se passait dans la descente. On m’avait dit de m’arrêter, je ne comprenais pas trop pourquoi.»

Bernal et Thomas remontés en voiture sur la ligne. (Sirotti)

Car un peu plus loin, la grêle fait rage. Si fort, que de la boue obstrue la route vers Tignes. Les organisateurs tranchent vite, l’étape est arrêtée. « Il y avait de l’incompréhension ce jour-là parce qu’il faisait chaud, à la limite de s’arroser à plus de 2000 mètres d’altitude. Et on annonce que la course était annulée en bas parce que le temps était exécrable avec une route impraticable et de la grêle », raconte David Gaudu.

Les coureurs remontent dans les voiture pour se mettre à l’abri et la décision est prise de figer les temps en haut de l’Iseran… pour le plus grand désarroi de Julian Alaphilippe. Egan Bernal est donné vainqueur et endosse le maillot jaune. Il remportera d’ailleurs le Tour de France cette année-là. En haut à Tignes, le public, nombreux, est sous le déluge et ne verra jamais les coureurs qui remontent par paquet dans les véhicules des directeurs sportifs. Après la perte de Pinot et du maillot jaune, les fans tricolores vivent une journée cauchemardesque dont le pénible souvenir refait surface aujourd’hui, deux ans après.

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