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Tour de France – Rétro : Jaan Kirsipuu, le seul Estonien en jaune

Pour la deuxième fois de son histoire, le Tour de France se rend à Laval. Bourgade native de Jacky Durand, Laval est aussi une des rares villes à avoir accueilli un coureur estonien sur un podium. Un Estonien sur un podium, ce n’est pas si rare, mais un Estonien vêtu d’un maillot jaune, ça l’est beaucoup plus. Il s’appelle Jaan Kirsipuu, et c’était sur le Tour de France 1999. Rétropédalage.

Jaan Kirsipuu, c’est l’histoire d’un homme qui va marquer l’histoire du cyclisme estonien. (Sirotti)

Monsieur première fois

Après 5 participations au Tour de France, toutes ponctuées par un abandon ou un hors-délais, Jaan Kirsipuu entame la Grande Boucle 1999 avec le statut de sprinteur maison pour Casino-AG2R. “Jaan était un garçon incroyable”, se rappelle Vincent Lavenu. “C’était notre assurance tout risque à l’époque. Il a sa place dans l’histoire de notre équipe, il a quand même gagné 124 courses” ajoute le directeur sportif. Leader de la Coupe de France cycliste et fraichement vainqueur d’un titre national pour la 3ème fois, Kirsipuu sait qu’il a un coup de jouer sur ce Tour de France. En effet, le coureur a l’occasion de rentrer dans l’histoire. Un an plus tôt, il devenait le premier Estonien à lever les bras sur une étape de la Vuelta. Fort d’une petite pointe de vitesse, Kirsipuu sait qu’il peut réitérer l’exploit, et devenir cette fois-ci le premier estonien à s’imposer sur les routes du Tour.

Sourire aux lèvres, Jaan Kirsipuu fait les beaux jours de la Casino-AG2R à la fin des années 1990. (Sirotti)

Une victoire d’étape devant les meilleurs

Mais au changement de siècle, aller chercher une étape au sprint, ce n’est pas une mince affaire. Mario Cippolini règne sur les premières semaines de Grands Tours, Erik Zabel fait du maillot vert sa propriété depuis 1996… Sans compter sur les Tom Steels et Robbie McEwen qui, chaque année, viennent rafler une ou plusieurs étapes. Pourtant, la première occasion sera la bonne ! Au lendemain du prologue au Puy du Fou, Jaan Kirsipuu devance le gratin du sprint mondial et s’impose à Challans ! Après une septième place sur le prologue, l’Estonien ne fait que confirmer sa bonne forme du moment.

À Challans, Kirsipuu rentre dans l’histoire : il devient le premier estonien à remporter une étape sur le Tour de France. (Sirotti)

La confirmation et le maillot jaune pour Kirsipuu

Dès lors, Kirsipuu a le vent en poupe. Sur la deuxième étape, la course est dantesque. Le peloton est scindé en plusieurs morceaux suites à de nombreuses circonstances de course. Des favoris, comme Alex Zülle ou Jean-Cyril Robin, se retrouvent piégés et perdent plusieurs minutes au classement général. Mais Jaan Kirsipuu est dans le bon coup. “On savait que si la course se déroulait bien, on pouvait prendre le maillot”, confie Vincent Lavenu. Et effectivement, la course s’effectue à merveille. L’homme “assurance tous risques de la Casino” se place dans le premier groupe, en compagnie de Cippolini ou du maillot jaune Lance Armstrong. L’étape va se finir au sprint, dans les rues de Saint-Nazaire. Vainqueur la veille, Kirsipuu est cette fois-ci grillé sur la ligne par Tom Steels. Mais avec cette deuxième place et le jeu des bonifications qui l’accompagne, Kirsipuu change de dimension. Le coureur de la Casino-AG2R devance désormais Lance Armstrong de 14 secondes, et devient ainsi le premier Estonien à revêtir la tunique jaune du Tour de France. “Le plan était prévu. Il a été organisé. Et Jaan a réussi à le faire, car c’était l’un des meilleurs sprinteurs du monde”, commente le patron AG2R Citroën.



Au lendemain de l’arrivée à Saint-Nazaire, Jaan Kirsipuu porte fièrement un maillot jaune, tant souhaité par son manager Vincent Lavenu. (Sirotti)

6 jours de bonheur

Sur un nuage, l’Estonien multiplie les bons résultats. 5ème à Blois, 3ème à Amiens, Maubeuge et Thionville : Kirsipuu se mêle chaque jour à la bataille finale. “Par rapport à la dimension de notre équipe, de gagner une étape et prendre le maillot jaune, ça a crée des émotions incroyables” explique Vincent Lavenu. “Ça vient récompenser le travail effectué, et ça vient consolider la confiance des partenaires.” Seule l’étape arrivant justement à Laval lui fait défaut, puisqu’il termine hors du Top 10. Après 6 jours en patron, Kirsipuu doit faire face à une nouvelle échéance : le chrono de Metz. Loin d’être ridicule, l’Estonien décroche la 30ème place de l’étape, mais ne peut rien faire, comme l’ensemble du peloton, face à Lance Armstrong. Avec plus de six minutes de retard au général, le Tour de France est fini pour le sprinteur de la Casino-AG2R. Au sens propre, comme au sens figuré, puisque Kirsipuu décide de ne pas repartir au lendemain du chrono. Comme pour de nombreux sprinteurs, la vue des Alpes lui a donné le tournis. Drôle de fin de Tour 1999 pour celui qui aura marqué à jamais l’histoire du cyclisme estonien.

Vêtu de jaune, Kirsipuu fait son entrée dans Laval pour aller disputer un sprint massif. (Sirotti)

L’obtention du maillot jaune par Jaan Kirsipuu à Saint-Nazaire

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