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Tour de France – rétro : jour de grève à Albertville

Généralement, Albertville est une ville départ du Tour de France, comme aujourd’hui pour la 10ème étape en direction de Valence. En 1998, déjà, elle aurait dû être le départ d’une journée décisive. Il n’en a rien été ! Les coureurs, excédés par les descentes de police ou autres exclusions, décide de faire grève et annihile l’étape…

Généralement, Albertville est une ville départ du Tour de France, comme aujourd’hui pour la 10ème étape en direction de Valence. En 1998, déjà, elle aurait dû être le départ d’une journée décisive. Il n’en a rien été ! Les coureurs, excédés par les descentes de police ou autres exclusions, décide de faire grève et annihile l’étape…
Le peloton, avant le départ de la 16ème étape, la veille de la grève (Crédit : Sirotti)


Déjà, le 24 juillet, le Tour a pris un tournant particulier. Au lendemain de la journée de repos, les coureurs ne veulent pas prendre le départ depuis Tarascon-sur-Ariège. Mené par Laurent Jalabert, le peloton grogne contre les descentes de police. Quelques jours après l’affaire Festina, et l’exclusion de la formation de Richard Virenque, les forces de l’ordre sont sur les dents, à la recherche de produits dopants tous les hôtels.

Laurent Jalabert, meneur de la fronde contre le Tour et les forces de police (Crédit : Sirotti)

Mais quelques jours plus tard, l’équipe TVM est victime de la perquisition de trop. Au soir de la 16ème étape, à Albertville, après la victoire de Jan Ullrich, la police investit l’hôtel et le bus de l’équipe néerlandaise et en ressort avec un sac de sport, une mallette et un sac poubelle. Cees Priem, directeur sportif, et Andreï Mihaïlov, médecin de la formations TVM, sont mis en examen. 4 coureurs sont eux forcés de se rendre à l’hôpital pour des tests sanguins.

“Une chasse aux sorcières” sur le Tour 98

« J’ai vécu des moments très pénibles sur le plan émotionnel. C’était complètement fou, nous avions l’impression d’être la cible d’une chasse aux sorcières », explique Jeroen Blijlevens, l’un des quatre concernés, le lendemain matin. Tout ça pèse sur le moral du peloton, et celui-ci décide de tirer la sonnette d’alarme en ce 29 juillet. Cette 17e étape, dernière explication entre grimpeurs, doit être décisive. Il n’en sera rien. 32 kilomètres après Albertville, les coureurs mettent à pied à terre et font la Révolution sur le Tour de France.

Certaines équipes, outrées et énervées par le comportement des forces de l’ordre et de la direction du Tour de France, décident de s’en aller, la ONCE de Laurent Jalabert, en tête. « Je ne fais pas du vélo à 20 à l’heure », se défend le Tarnais, énervé. Mais pas autant que son directeur sportif, Manolo Saiz : « Je met un doigt au cul du Tour de France », s’emporte l’Espagnol. Certains coureurs, dans le peloton, eux, sont plus touchés par le mouvement. « C’était l’horreur ! Quand on s’est arrêté dans le Semnoz, les nerfs ont lâchés », a raconté quelques années après Thierry Gouvenou, au Dauphiné Libéré.

Le Tour neutralisé entre Albertville et Aix-les-Bains

Le Semnoz, théâtre du 3ème arrêt des coureurs, devant un public médusé et même hostile. Mais qu’importe, les coureurs ont décidé d’aller au bout de leur idée et neutralisent définitivement cette 17ème étape. Riso Scoti et Banesto, dans la lignée de la Banesto, quittent le Tour de France entre Albertville et Aix-les-Bains. Cette triste journée se termine tard : le peloton, qui n’est plus composé que d’une centaine de coureurs en termine à… 19h30 ! Comme un symbole, la TVM franchit la ligne d’arrivée en tête.

Généralement, Albertville est une ville départ du Tour de France, comme aujourd’hui pour la 10ème étape en direction de Valence. En 1998, déjà, elle aurait dû être le départ d’une journée décisive. Il n’en a rien été ! Les coureurs, excédés par les descentes de police ou autres exclusions, décide de faire grève et annihile l’étape…
Jeroen Blijlevens a été “victime” des perquisitions de la police sur le Tour 1998 (Crédit : Sirotti)

« C’était vraiment une journée galère », relatera Frédéric Guesdon, toujours au Dauphiné Libéré. « On était complètement perdu, on n’avait qu’une envie c’est d’arriver à Paris », poursuivra le vainqueur de Paris-Roubaix 1997. Et pour clore le spectacle, le soir-même, la dernière formation espagnole, Vitalicio, se retire à son tour. Ce 29 juillet n’a pas été la première grève du peloton sur les routes du Tour de France. Mais le mouvement a été sans précédent ce jour-là. Ou quand tous les coureurs se sont alliés pour faire entendre leur voix…

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