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Tour de France – rétro : le numéro de Calzati à Lorient

Quelques jours après ses 27 ans, Sylvain Calzati s’imposait en solitaire sur la 8ème étape du Tour de France à Lorient. C’était le 9 juillet 2006. Le récit.

Le sourire de Sylvain Calzati pour sa seule fois sur le podium (Sirotti)

Ce jour-là, Sylvain Calzati devait avoir le cœur qui balance. Le soir même, avait lieu la finale de la Coupe du Monde entre la France et l’Italie. Mais le Français d’origine italienne n’a pas eu vraiment le temps d’y penser ce 9 juillet 2006. L’étape part ce jour-là de Saint Méen-le-Grand, terre de Louison Bobet, triple vainqueur du Tour de France, pour rallier Lorient. La veille, Serhiy Honchar (T-Mobile) dominait largement le chrono et se retrouvait paré de jaune pour cette étape aux allures de semi-classiques.

Depuis la début de ce Tour de France, les sprinteurs avaient eu la part belle. Robbie McEwen (3 fois), Oscar Freire et le tricolore Jimmy Casper avaient pu se partager les sprints. Les hommes offensifs jusque-là s’étaient cassés les dents face aux formations de sprinteurs. Mais ce jour-là, a mis fin à l’hégémonie des gros cuissots.


Les échappés enfin récompensés

Sylvain Calzati a signé un exploit ce 9 juillet 2006. (Sirotti)

Après une belle bataille, Sylvain Calzati sort en compagnie de quelques courageux : Patrice Halgand (Crédit Agricole), Kjell Carlstrom (Liquigas), Mario Aerts (Davitamon), Matthias Kessler (T-Mobile, vainqueur au Cauberg) et David Zabriskie (CSC). Du lourd donc, et le coureur d’AG2R Prévoyance fait même figure de petit poucet dans tout cela. « J’étais un peu grognon le matin, c’est bon signe en général », explique-t-il à l’époque, « J’ai dit à mon mécano : aujourd’hui, je serai devant. Des journées pareilles, cela n’arrive pas souvent. »

Le coureur de tout juste 27 ans sortait d’une saison blanche après avoir été atteint par la toxoplasmose (maladie parasitaire). Vainqueur du Tour de l’Avenir en 2004, le Lyonnais n’avait jamais réussi à confirmer, mais gardait toute la confiance de Vincent Lavenu, qui l’emmenait avec lui dans ses bagages pour la Grande Boucle en 2006.


Une photo pour une célébration

La fameuse photo dans la main droite. (Siortti)

Bien lui en a pris puisque c’est lui qui apporte la seule victoire d’étape sur ce Tour à la formation haut-savoyarde. Le peloton fatigué ne s’entend pas ce jour-là et laisse filer pour une fois. Sylvain Calzati en profite et se fait la malle à 30 bornes du but. Patrice Halgand, parti à sa poursuite, ne reviendra jamais. Car devant, plus rien ne peut l’arrêter. Avec l’aide du public, il va creuser un écart irrémédiable : « J’ai reçu beaucoup d’encouragements. C’est fabuleux de se sentir poussé comme cela. »

Jusque-là sans victoire professionnelle, Calzati s’offre ainsi son unique succès en carrière. Sur la ligne, il en profite pour sortir une photo de sa fille et de sa femme en guise de célébration : « C’est la photo que je garde depuis que ma fille est née ! » Il effaçait ainsi des mois de galère à trainer sa misère : « Dans mon échappée, j’ai pensé à ma famille, mes employeurs. Mais aussi à mon début de saison raté, à mon début de l’année 2005. Là, je reviens à mon niveau de 2004. C’est super ! »

Il lançait ainsi un beau mois de juillet pour AG2R. Un peu plus tard, Cyril Dessel prenait le maillot jaune à Pau avant de prendre la 6ème place du général, juste devant son coéquipier Christophe Moreau. Une joie suivie d’une déception, car le soir, c’est bien L’Italie qui devenait pour la 4ème fois championne du Monde en battant la France.

La victoire de Sylvain Calzati

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